Après plus de cinquante jours de grève observés par des employés contractuels sur un des sites de DSME, un accord a été trouvé mais sans que les syndicats n’obtiennent ce qu’ils sollicitaient. 

Le site de Geoje du numéro 3 de la construction navale sud-coréenne DSME va pouvoir reprendre le cours normal de ses activités. Les employés en grève ont accepté en fin de semaine dernière de mettre fin à leur grève mais non sans avoir rogné sur leurs revendications. Ils ont accepté une augmentation de salaire de 4,5 %, beaucoup plus faible que celle demandée, ont déclaré des responsables syndicaux, mais ont obtenu une promesse de garanties d'emploi pour les travailleurs de certaines entreprises de sous-traitance menacées de fermeture. 

Plus de 90 % des grévistes ont accepté l'accord, mais « aucun membre du syndicat n'est satisfait de l'accord de principe », a déclaré un responsable syndical à Reuters. Les grévistes relèvent de la Korea Metal Workers, une des branches de la Union Korean Confederation of Trade Unions, considéré en Corée su Sud comme un syndicat des plus radicaux, réclamaient une augmentation de salaires de 30 %.

Construction navale : le conflit social se durcit de part et d'autre chez DSME

Sortie subite

La sortie du conflit est subite alors que les relations s’étaient particulièrement tendues ces derniers jours, le président sud-coréen sortant de sa réserve pour demander la fin de partie et déclarant l’occupation « illégale ». En réaction, certains employés des entreprises sous-traitantes ont entamé une grève de la faim. 

L'accord conclu laisse cependant ouverte la possibilité d'une action en justice contre les travailleurs contractuels pour obtenir des dommages et intérêts contre l’occupation du site alors que le conflit aurait coûté plus de 400 M$ à l’entreprise, selon la direction. DSME a en outre indiqué que l’interruption de la production et des livraisons de nouveaux navires équivalaient à une perte de 26 milliards de wons (19 M$) par jour, soit une perte cumulée d'environ 570 milliards de wons au 14 juillet (535 M$). 

Grèves dans les ports en Corée du Sud et en Allemagne

Le 19 juillet, le tribunal de district de Changwon a accédé à la requête d'injonction déposée par DSME pour faire cesser la grève. Les événements seraient responsables des retards de livraison (jusqu'à cinq semaines) pour huit navires.

Ce conflit est le deuxième d’importance pour le gouvernement du président Yoon Suk-yeol, entré en fonction en mai, après qu'une grève des camionneurs en juin ait paralysé les principales installations industrielles et les ports maritimes du pays.

Adeline Descamps