Le projet de navette ferroviaire imaginé par Haropa Port du Havre et le port de Marseille-Fos, conçue pour relier les deux grands ports maritimes français à la Suisse romande.

 

La Suisse romande à portée de port. La liaison France Helvétie Express, projet de navette ferroviaire porté par Haropa Port du Havre et Marseille-Fos, sera enfin opérationnelle dès le 4 septembre.

Elle est annoncée depuis quelques mois. Elle a fait ensuite l’objet de report. Cette fois, elle bénéficie d’une date plus précise que l’échéance automnale jusqu’à présent évoquée. La navette ferroviaire vers la Suisse, point de passage névralgique vers l’Europe de Nord, est le fruit d’un partenariat entre les « deux principaux ports français », Haropa (145 000 EVP en modes massifiés en 2017) et Marseille-Fos (219 000 EVP)  avec l’opérateur de transport combiné Naviland Cargo. Elle entre en opération à compter du 4 septembre.

Nommée « France-Helvétie Express », commercialisée par une société commune créé ad hoc, la nouvelle connexion ferrée assurera trois rotations hebdomadaires, à partir du terminal multimodal du Havre et des quais de Marseille et de Fos depuis/vers le terminal de transbordement rail/route de Chavornay, entre les bassins économiques de Lausanne et Yverdon. « Les convois auront une capacité d’emport maximale de 40 à 42 EVP selon le sens de circulation et pourront transporter des conteneurs 20 et 40 pieds, qu’ils soient dry, high cube ou flat sans dépassement », indique dans un même communiqué, mais envoyé séparément, la communication des deux ports.

Puissance d’attraction

Cette navette est devenue emblématique de « la bataille à terre » que Le Havre et Marseille-Fos ont « déclarée » pour rapatrier les flux « confisqués » par les ports nord-européens, qui grâce à la mise en oeuvre de corridors de transport multimodaux et de services associés aux flux, exercent une puissance d’attraction sur les régions françaises.

« Le potentiel du marché suisse en conteneurs est estimé à 350 000 à 400 000 EVP par an. Aujourd’hui, seulement une partie marginale de ce trafic transite par les ports français. La mise en service de cette navette devrait permettre de capter une part significative des volumes identifiés dans la zone de Chavornay », est-il précisé dans le communiqué.

Les deux principaux ports français confessent par ailleurs, dans leur communication conjointe, leur foi dans le développement du ferroviaire : Haropa, arguant « d’un large choix de services ferroviaires couvrant le territoire national, de Strasbourg à Lyon en passant par Bordeaux, ainsi que des connexions directes européennes parmi lesquelles la ligne vers Ludwigshafen ouverte en 2016 ». La place phocéenne fait état pour sa part « d’un important programme de développement ferroviaire pour accompagner de façon durable la montée en puissance de ses trafics maritimes et de plus de 200 offres commerciales présentées chaque semaine pour l’acheminement ferroviaire des conteneurs sur toute la France et jusqu’au Nord de l’Europe, y compris Zeebrugge, Rotterdam, Hambourg et Lübeck, liaisons particulièrement pertinentes notamment pour des fresh food corridors ».

Les deux places portuaires font savoir que le projet de service a été présenté aux professionnels de la chaîne logistique à Lausanne et Genève en juin dernier). Une petite victoire pour les unions maritimes de Marseille (UMF) et du Havre (Umep) qui travaillent sur le dossier depuis plus d'un an. 

--- A.D. ---