Dominique Denormandie, président du Groupement national des transports combinés (GNTC)

 

Indemnités suite aux grèves ferroviaires, dérogation pour charger les camions à 46 tonnes, calcul des aides au combiné, tarification des sillons… les opérateurs de transport combiné ont fait part de leurs revendications à l’occasion de l’assemblée générale du GNTC.

« La réforme ferroviaire crée un écosystème encourageant pour la multimodalité », a déclaré le président du Groupement national des transports combinés (GNTC), Dominique Denormandie, dans un discours prononcé le 9 octobre 2018 pour l’assemblée générale de cette association. Voyant 2018 comme « une année de progrès et d’avancées importantes », il a cependant souligné la vigilance qui doit rester celle de toute la filière : « le plus dur reste à faire et nous restons attentifs sur les conditions d’application de cette réforme, notamment pour la négociation de la convention collective. »

Les grèves du début de l’année ont durement affecté le transport combiné ferroviaire, ce qui conduit le président du GNTC à interpeller le gouvernement pour obtenir « des indemnisations légitimes pour les opérateurs et pour les transporteurs qui sont également directement touchés. Certaines entreprises ont ainsi vécu des situations dramatiques et doivent être indemnisées pour des pertes dont elles ne sont pas responsables. »

Dominique Denormandie a aussi établi un « petit inventaire des demandes et propositions récurrentes de la filière ». Les opérateurs de transport combiné ont déjà obtenu satisfaction sur certains points : le maintien pour les cinq prochaines années de l’aide à la pince, les investissements annoncés dans les lignes capillaires fret à hauteur de 10 M€ par an et dans les voies de service pour 20 M€ par an, ou encore le coup d’arrêt porté à l’augmentation des tarifs des sillons. Mais la remise à plat des tarifs de péage ferroviaire inquiète pourtant le GNTC : « la tarification au tonnage prévue pour 2019 est un frein à la compétitivité du ferroviaire par rapport à la route », alerte Dominique Denormandie, qui souligne que les trains les plus chargés ont une « meilleure efficacité pour l’encombrement du réseau et sur le plan climatique. »

Pas une fin de non-recevoir

Les opérateurs de combiné ferroviaire sont aussi inquiets quant au changement à venir du mode de calcul de l’aide à la pince, qui pourrait ne pas prendre en compte le « changement de paradigme quant aux distances de pertinence du combiné rail-route dans les années à venir », à savoir des distances plus courtes. Dernière demande du GNTC, et non des moindres : une dérogation autorisant des camions de 46 t pour le transport combiné, afin de retrouver un avantage compétitif par rapport au transport routier, perdu lors de la généralisation du 44 t, qui était auparavant l’apanage du combiné. « La dérogation de circulation à 46 t pour le combiné n’est pas un privilège que nous demandons, souligne Dominique Denormandie. C’est un rééquilibrage compétitif du fait des ruptures de charges inhérentes au transport combiné. »

À cette série de demandes, le directeur général des infrastructures, des transports et de la mer, qui représentait le ministère des transports, n’a pas répondu favorablement. Intervenant en clôture de l’assemblée générale du GNTC, François Poupard a souligné, au sujet du 46 t, le besoin d’équilibre entre les demandes des différentes profession : « Ce n’est pas une fin de non-recevoir, mais avant de prendre une décision ont doit avoir des données objectives sur les gagnants et les perdants d’une telle mesure. Nous comptons sur votre appui pour savoir quels trafics seront impactés », a-t-il lancé aux acteurs du transport combiné. Quant à la remise à plat des péages ferroviaires, dont la hausse, beaucoup plus forte que l’inflation, était devenue « insupportable », ou à la façon dont la nouvelle tarification attendue pour 2019 prendra en compte le tonnage et le kilométrage : les discussions ne sont pas terminées.

--- Étienne Berrier ---

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