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Un mois après sa nomination, la députée sortante de la deuxième circonscription de Guadeloupe, apparentée MoDem, a été battue au second tour alors qu’elle était en ballotage favorable à l’issue du premier tour en devançant son adversaire divers gauche de 4,5 points. Son avenir au sein du gouvernement questionne si la règle (non écrite) est appliquée selon laquelle une défaite contraint à la démission un membre du gouvernement. 

Justine Benin, députée sortante apparentée MoDem, investie par la coalition présidentielle Ensemble !, a été battue au second tour des législatives dans la deuxième circonscription de Guadeloupe, avec 41,35 % des voix, devancée par Christian Baptiste (DVG) élu avec 58,65 % des voix, a annoncé la préfecture de Guadeloupe dans un communiqué. À l’issue du premier tour, elle était pourtant en ballottage favorable, arrivée en tête avec 31,31 % des suffrages exprimés devant le candidat divers gauche (26,78 %).

Très investie localement, elle devait pouvoir compter sur le soutien de nombreux élus ainsi que de la majorité des maires des huit communes de sa circonscription. Cela n’a pas été suffisant pour endiguer le raz-de-marée – dans toutes les localités ou presque –, de son adversaire, qui a bénéficié de l’appui de l’alliance des partis de gauche Nupes à ce scrutin marqué par une abstention importante. Avec un taux de participation de 28,23 %, le scrutin a encore perdu plus de deux points par rapport à 2017 (30,65 %). Pour rappel, en 2017, Justine Benin (alors DVG) avait recueilli 22,58 % des voix au premier tour des législatives (64,26 % au second) face à la candidate investie par... LREM, Diana Perran.

Verdict populaire

Le contexte était délicat pour la majorité présidentielle aux Antilles en général et en Guadeloupe en particulier. Jean-Luc Mélenchon y avait obtenu 52 % des voix au premier tour des Présidentielles loin devant Marine Le Pen (17,92 %) et Emmanuel Macron (13,43 %).

« Le verdict populaire est là », a admis Justine Benin devant les caméras de Guadeloupe La 1ère après l’annonce des résultats, refusant d’évoquer son sort au sein du gouvernement. 

Si la règle est appliquée – la démission en cas de défaite – la secrétaire d'État en charge de la mer devra rendre son portefeuille. Quel tempo. Il aura fallu plus d’un mois pour que soit dévoilé le visage qui incarnera le secteur maritime au sein du nouveau gouvernement, se faire à l’idée que cela sera un secrétaire d’État alors que la précédente mandature lui avait réservé un ministère à part entière (rare dans l’histoire de la Ve République), quand bien même il est rattaché à Matignon, puis à nouveau trois semaines pour connaître les attributions du portefeuille. Trois mois plus tard, le poste a bien été créé, la fiche de poste a bien été écrite, mais la chaise pourrait bien être vide. 

Adeline Descamps