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Les 730 établissements logés par le quatrième grand port maritime français génèrent directement ou indirectement 28 500 emplois et une valeur ajoutée de 3 Md€, indique l'Insee qui vient de publier une étude sur le complexe industrialo-portuaire de Nantes Saint-Nazaire.

Avec le gros travers qu’ont les études de l’Insee, toujours en décalage de bien des années, le complexe industrialo-portuaire (CIP) de Nantes Saint-Nazaire vient de faire l’objet d’un passage sur la loupe. Le quatrième grand port maritime français – qui tire une grande partie de ses trafics annuels du gaz naturel et du pétrole brut (30 Mt au moment de l’analyse en 2018) –, génère directement ou indirectement 28 500 emplois. En 2018, la richesse dégagée par les 730 établissements logés dans ses murs était évaluée à 3 Md€ (soit 14 % de plus qu’en 2015), soit 5 % de la richesse produite dans les Pays de la Loire. 

Dans trois communes, plus de la moitié des emplois liés au port

L’impact économique du CIP dans les Pays de la Loire représente 2 % de l’emploi salarié régional, une part toutefois inférieure à celle des ports du Havre et de Marseille mais supérieure aux autres grands ports maritimes. Il est particulièrement important dans la zone d’emploi de Saint-Nazaire où le CIP représente 19 % de l’emploi.

Dans trois communes, plus de la moitié des emplois salariés sont liés au port : Indre (83 %), Montoir-de-Bretagne (69 %) et Donges (55 %). La dépendance économique au port est également très marquée à Cordemais où la part de salariés atteint 47 %.

800 emplois créés en trois ans 

Les activités cœur de métier, celles en lien direct avec le port, emploient 9 000 salariés, soit 900 de plus qu’en 2015, et génèrent le quart de la richesse dégagée par l’ensemble des établissements de la zone industrialo-portuaire. L’augmentation de l’emploi est quasi-exclusivement portée par la construction maritime (+ 800 salariés). La présence des Chantiers de l’Atlantique, situés à Saint-Nazaire, et le site industriel de Naval Group, n’y est pas étrangère. La construction navale contribue aussi fortement à la richesse dégagée puisqu’elle représente 14 % de la richesse produite par le premier port de la façade atlantique.

Les activités non maritimes (établissements qui tirent parti des infrastructures portuaires) occupaient 19 500 salariés fin 2018, soit 1 400 de plus par rapport à 2015. Réparties en trois grands secteurs – l’industrie, les services et les transports –, elles représentent les trois quarts de la richesse dégagée par le CIP.

Présence de mastodontes 

En 2018, les établissements employeurs du CIP comptent en moyenne 60 salariés. C’est cinq fois plus que la taille moyenne du total des Pays de la Loire. Quatre grandes unités de plus de 1 000 salariés (deux établissements d’Airbus, les Chantiers de l’Atlantique et un établissement de Naval Group) contribuent fortement à faire monter la moyenne en totalisant 34 % de l’emploi total du CIP. La plupart des salariés du port travaillent dans des établissements dépendant de grandes entreprises ou d’entreprises de taille intermédiaire (89 % des salariés du CIP contre 35 % pour l’ensemble de la région). 

2019 - 2021 : trois années contrastées

Certaines filières se sont affirmées pour le port de Nantes. En 2019, le trafic de GNL a atteint un sommet pour la seconde année consécutive, de l’ordre de 8,6 Mt sur les 30 Mt traités cette année-là, avant que le coronavirus ne se signale violemment en générant un ralentissement économique mondial.

En 2020, le terminal roulier de Montoir-de-Bretagne a été particulièrement affecté par la suspension des liaisons maritimes, les compagnies réagissant à l’arrêt de la construction automobile. 

En 2021, le grand arrêt observé par la raffinerie TotalEnergie couplé au ralentissement conjoncturel du terminal Elengy ont fini par convaincre les autorités du port des fragilités des flux énergétiques alors qu’ils représentent une part notable des trafics portuaires. C’est dans ce contexte que le nouveau projet stratégique 2021-2026 du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire entend faire la part belle à un autre modèle économique. Avec un budget de 340 M€.

La rédaction