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TotalEnergies et Air Liquide envisagent de produire de l’hydrogène décarboné en Normandie. Dans le cadre de ce partenariat, le groupe pétrolier français doit céder au spécialiste des gaz industriels l’unité de production d’hydrogène par vaporeformage de gaz. Et Air Liquide doit implanter à Gonfreville sa technologie de captage de CO2 cryogénique, expérimentée depuis 2015 sur son site de Port-Jérôme.

De l’hydrogène gris, d’origine fossile, Air liquide en produit, en stocke et en distribue depuis des décennies. Pour le décarboner, le géant français des gaz industriels planche depuis un certain temps sur différentes pistes, parmi lesquelles celle du biométhane de la technologie de captage de CO2 en sortie d’unité de production d’hydrogène à partir de gaz naturel ou encore de l’électrolyse de l’eau via des membranes échangeuses de protons (PEM). 

Cette fois, le spécialiste des gaz industriels et le groupe pétrolier TotalEnergies ambitionnent de produire de l’hydrogène décarboné sur la plateforme pétrochimique de Gonfreville-l'Orcher près du Havre.  

« Ce projet prévoit à terme la fourniture à TotalEnergies par Air Liquide d’hydrogène bas carbone en s’appuyant sur le réseau hydrogène d’Air Liquide en Normandie ainsi que la mise en œuvre d’une solution de captage et de stockage du CO2 (CCS) à grande échelle », indique le communiqué de presse.

Cession et réaménagements

Dans le cadre du contrat, le groupe pétrolier français doit céder à son partenaire l’unité de production d’hydrogène par vaporeformage de gaz d’une capacité de 255 t/jour tandis qu’Air Liquide prévoit d’implanter Gonfreville sa technologie de captage de CO2 cryogénique, Cryocap, expérimentée depuis 2015 sur son site de Port-Jérôme en Seine-Maritime. L’industriel envisage en outre d’y installer une unité de production d’hydrogène renouvelable par électrolyse de grande taille.

TotalEnergies se chargera pour sa part du transport et du stockage du CO2. Cette unité pourrait être reliée aux projets de stockage de CO2 sous-marins en mer du Nord Northern Lights (Norvège) ou Aramis (Pays-Bas), dont TotalEnergies est partenaire. 

L'objectif des deux entreprises est de réduire les émissions de CO2 associées à la production d'hydrogène de l'unité d'environ 650 000 t par an à horizon 2030. 

Projet plus global

« Ces projets participent à l'effort collectif lancé au niveau de la zone Industrielle du Havre et de l'axe Seine », explique Bernard Pinatel, directeur général raffinage-chimie et membre du comité exécutif de TotalEnergies. 

Les deux grands noms du pétrole et du gaz ont en effet signé un protocole d’accord en juillet dernier, pour développer une infrastructure de captage et stockage du CO2 en Normandie, dont l’objectif est de réduire, d’ici 2030, jusqu’à 3 Mt par an la réduction d’émissions de CO2. 

Un agenda ?

Aucune information n’a en revanche été délivrée sur les détails de cette opération : modalités, investissement, agenda.  

Le projet de cession à Air Liquide de l’unité de production d’hydrogène est, lui, soumis au processus légal d’information-consultation des instances représentatives du personnel de TotalEnergies-Plateforme Normandie, et à l’approbation des autorités compétentes, précisent les deux partenaires dans un communiqué.

A.D.