Depuis le Seagas à Stockholm en 2013, les navires souteurs en GNL entrent progressivement en opération. La flotte mondiale des souteurs en service et en construction s'élève à 15 navires dont neuf pour l’Europe. En Asie, la Chine, l'État de Singapour et le Japon se sont postionnés sur ce marché émergent de l'avitaillement en GNL. Le Kairos vient de quitter le chantier naval coréen de Hyundai Mipo Dockyard à Ulsan en direction de la mer Baltique, où il « officiera » avant la fin de l’année.

Le « plus grand navire avitailleur de GNL au monde » revendiqué avec sa capacité de 7 500 m³ de GNL, le Kairos, a quitté le chantier naval coréen de Hyundai Mipo Dockyard à Ulsan le 17 octobre, en direction de sa zone d'opération dans le Nord-Ouest de l'Europe, en mer Baltique, où il « officiera » avant la fin de l’année.

"L'arrivée du Kairos dans la mer Baltique marquera une étape importante pour le GNL car il assure l'approvisionnement dans la mer Baltique à grande échelle. C'est un grand pas pour une navigation durable et responsable" a déclaré Mahinde Abeynaike, PDG de Nauticor, qui détient 90 % de la joint-venture qui affrète le navire. La station d’avitaillement sera basée dans le port de Klaipėda. Les dirigeants de Nauticor assurent que ce nouvel entrant "permettra des prix plus compétitifs pour les utilisateurs de la station de rechargement de GNL, réduira le coût de la chaîne d'approvisionnement en GNL, et assurera un service plus fluide et fiable". La construction du navire avait commencé en 2016 lorsque la coentreprise a signé un accord d'affrètement à temps avec l'armateur Babcock Schulte Energy (BSE). Le navire possède plusieurs autres caractéristiques, dont la conception sans ballast et l'installation d'un réservoir de gaz naturel comprimé (GNC).

La Chine attend le sien

Le souteur de GNL qui rejoint les trois autres en opération en Europe ne sera pas très longtemps celui avec la "plus grande capacité mondiale". Dalian shipbuilding doit construire un navire avitailleur de 8 500 m³ livrable en 2020 pour le compte du groupe gazier chinois ENN Energy. Il sera "alimenté" au terminal d’importation de Zhoushan LNG (Yangzi Jiang) développé par ENN Energy, qui vient d'entrer en activité avec une capacité de 3 Mt par an. Indépendamment des zones d'émissions de polluants contrôlées édictées par l'OMI, la Chine a développé ses propres règles, notamment dans le delta du Yangzi Jiang (Shanghai, Ningbo, Zhoushan), la rivière des Perles (Shenzhen, Hong Kong) et la baie de Bohai (Tianjin) où le taux de soufre des carburants doit être contenu en deçà de 0,5 %. 

La flotte mondiale des souteurs en service et en construction s'élève désormais à 15 navires dont neuf pour l’Europe (quatre en Asie et deux pour les États-Unis). Ces derniers mois, l’Oizmendi (fruit d'une conversion), souteur multi-produits du groupe pétrolier espagnol Cepsa, est entré en opération avec une capacité de 1 900 t de fuel, 470 t de gasoil et 600 m³ de GNL. Avec ses 11 navires avitailleurs en activité dans la péninsule ibérique, le groupe a réalisé en 2017 quelque 6 000 opérations de soutage ship-to-ship à travers le monde.

Le Japon est aussi récemment entré sur le marché émergent. Le chantier japonais Kawasaki de Sakaide doit livrer en 2020 un souteur d’une capacité de 3 500 m³ à Central LNG shipping Japan corporation (composé des armateurs japonais K Line et NYK, de l’énergéticien Chubu electric et de Toyota Tsusho). Il sera basé dans la région du port de Nagoya, le premier port japonais en tonnage (196 millions) et le troisième pour le trafic de conteneurs (2,78 MEVP).

---A.D ---