©port de Damiette

L’armateur allemand de porte-conteneurs et le groupe portuaire allemand Eurogate/Contship vont construire et exploiter pendant trente ans un second terminal à Damiette d’une capacité de 3,3 MEVP. La mise en service est prévue en 2024. Une concurrence pour le premier terminal, exploité par APM Terminals du groupe Maersk. 

La direction générale de Hapag-Lloyd a manifesté son intérêt et pour l’Afrique et pour les terminaux portuaires, à plusieurs reprises ces derniers temps. En septembre, l’armateur allemand avait repris la participation de 30 % d’APM Terminals (groupe Maersk) dans le capital de la société qui gère le terminal à conteneurs de Jade Weser à Wilhelmshaven (CTW) aux côtés d’Eurogate (70 %). 

L’armateur allemand réalisait alors sa troisième prise de participation dans les terminaux portuaires où, contrairement à ses pairs, il a limité sa présence. Il détient en effet une participation minoritaire de 25,1 % dans le Container Terminal Altenwerder (CTA), l’un des trois terminaux de Hambourg qu’exploite l’autre manutentionnaire allemand HHLA. Hapag-Lloyd contrôle aussi, depuis novembre 2019, 10 % du terminal Tanger Alliance (TC3), le quatrième terminal de Tanger Med, aux côtés de Marsa Maroc (50 % plus une action) et d’Eurogate/Contship (40 % moins une action).

Une capacité de 3,3 MEVP

C’est encore avec le groupe Eurogate que le transporteur s’associe pour un nouveau projet, cette fois à Damiette, où les partenaires vont construire et exploiter pendant trente ans le deuxième terminal du port égyptien. À cette fin, une coentreprise – Damietta Alliance Container Terminal–, a été créée dont le capital sera détenu par Hapag-Lloyd (39 %), Eurogate (qui exploite également des terminaux à Tanger, en Italie, et à Chypre en Méditerranée) et sa filiale Conship Italia (présente dans des terminaux en Méditerranée) pour 29,5 % chacun tandis que deux autres partenaires, Middle East Logistics & Consultants et Ship & C.R.E.W. Egypt, détiendront 1 % chacun. 

D’une capacité nominale de 3,3 MEVP, la nouvelle infrastructure devrait entrer en service en 2024. Hapag-Lloyd compte en faire un hub de transbordement en Méditerranée orientale. 

L'emplacement du nouveau terminal le placera en concurrence directe avec le terminal à conteneurs du canal de Suez, vieux de près de 20 ans, dans lequel APM Terminals, filiale de Maersk détient 55 % du capital aux côtés de Cosco. Le terminal, dimensionné pour accueillir les plus grands porte-conteneurs actuellement en service avec ses 18 grues de grande taille, fait aussi l’objet de développements pour porter sa capacité jusqu'à 5,4 MEVP et a la capacité d’

Attrait pour le marché africain

Outre son intérêt pour la manutention, Hapag-Lloyd a également manifesté son attrait pour le marché africain, ayant acquis l’an dernier, la société néerlandaise Nile Dutch, l'un des spécialistes du transport de conteneurs à destination et en provenance d'Afrique de l'Ouest, puis plus récemment, les activités conteneurs de Deutsche Afrika Linien qui opère avec quatre services de ligne entre l'Europe, l'Afrique du Sud et l'océan Indien.

La concurrence en Afrique s’intensifie. En avril 2022, MSC a finalisé la transaction qui lui permet la main sur les activités portuaires très convoitées du groupe Bolloré. 

A.D.