Dépassant à peine les 7Mt, le Grand port maritime de Bordeaux enregistre une perte de 210 000 t en 2018 par rapport à 2017. Si le volume des imports (5,5 Mt) est resté stable, celui des exports à - 10 % (1,6 Mt) a plus spécifiquement régressé. Outre l’impact difficilement mesurable des mouvements sociaux ferroviaires et des manutentionnaires, des baisses structurelles sur deux produits-phares expliquent cette tendance. 

Avec un recul d’environ 100 000 t en sorties de maïs, le port de Bordeaux accuse le coup de deux mauvaises campagnes céréalières. « La région a subi un printemps humide, suivi d’un été sec, ce qui a impacté la production dans l’hinterland. Ce secteur doit aussi faire face à une concurrence internationale accrue, en quantité mais aussi désormais sur la qualité », constate Étienne Naudé, directeur de la stratégie et du développement à Bordeaux qui rappelle qu’en 2015 le port réalisait le double de tonnages sur le trafic céréalier. Au niveau des sorties, les trafics quartz ont de même subi une perte de 20 000 t en 2018, pénalisés par des délais d’autorisation d’exploitation de carrières et les grèves ferroviaires du printemps. 

Exports dynamiques sur les ferrailles

Ces baisses ont cependant été en partie compensées par des exports dynamiques sur les ferrailles, générées par l’activité d’AFM-Dericheboug, qui monte en puissance – avec en 2018 de nouvelles installations de traitement de matériel frigorifique – et qui devrait atteindre bientôt les 100 000 t. De même, les sorties de diester, concurrencées par le marché argentin et qui peinaient à prendre leur envol, progressent de 40 %, une embellie loin cependant de compenser la chute sur les imports de produits raffinés. « En 2018, 3,6 Mt ont été importées, soit 4 % de moins qu’en 2017. Cette perte de 150 000 t de trafic va au-delà de la baisse structurelle sur la consommation et découle surtout de la reprise du trafic de produits raffinés sur le port de Bayonne », indique Étienne Naudé. 

Conteneurs en baisse de 26 %

Á l’import, certains secteurs ont cependant le vent en poupe : les graines et huiles oléagineuses (+ 29 %, 360 000 t au total) par la société Saipol, le gaz (+ 50 %) importé par Cobagal, le clinker dont les volumes triplent (100 000 t) pour le compte de la cimenterie Lafarge et de la nouvelle usine de fabrication Aliénor Ciments (Cem’In’Eu) basée dans le Lot-et-Garonne, qui pourrait générer à court terme 200 000 t de trafic maritime.

Découlant directement de l’arrêt du trafic maritime conteneur de MSC depuis l’été dernier sur la place bordelaise, le nombre total d’EVP (40 000 en 2018) a, lui, chuté de 26 %. « En tonnage, la baisse n’est que 20 % », précise le directeur de la stratégie, « CMA ayant enregistré, une hausse de 14 % d’EVP pleins ». 

En revanche, la croisière se porte à merveille à Bordeaux. En 2018, 44 escales maritimes ont été réalisées pour un total de 35 000 passagers. Cette activité ne cesse de se développer, ainsi pour 2019, 57 paquebots sont programmés avec la venue de nouvelles compagnies anglaises tels que Fred Olsen et Oceania Cruises. Près de 10 000 passagers supplémentaires sont attendus.

--- Marianne Peyri ---