En retour des investissements réalisés ces dernières années, l’activité du grand port Maritime de Nantes Saint-Nazaire a enregistré une croissance de 27 % en deux ans. Son identité en tant que port hub pour le GNL s'affirme...

 

Avec un chiffre d’affaires (75 M€) en croissance de 20 % au cours des deux dernières années et un trafic de 32,5 Mt en hausse de 8,8 % en 2018, le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire a redressé la barre. « On n’avait pas vu cela depuis de nombreuses années. Certes, la reprise des trafics est en partie due à la conjoncture, mais c’est aussi la conséquence de la politique et des investissements engagés pendant la mandature. On en récolte aujourd’hui le fruit. On voit des choses positives, ce qui n’était pas le cas il y a deux ans. Le bilan financier est plus présentable et va nous permettre de poursuivre les investissements », rappelle Francis Bertolotti, président du conseil de surveillance du GPM de Nantes Saint-Nazaire en saluant du même coup la mandature de son binôme, Jean-Pierre Chalus, président du directoire, devenu délégué général de l’Union des ports de France et l’arrivée de son successeur, le breton Olivier Tretout. Un profil au passé dans le public et le privé et notamment CMA CGM. Avant d’arriver, il a notamment piloté la mise en œuvre du Kingston Freeport Terminal en Jamaïque.

Si l’évolution du trafic portuaire est plus marquée à l’export (+ 14,3 %) qu’à l’import (+ 6,3 %) qui représente néanmoins les deux tiers de de l’activité, le gaz naturel (7 Mt) constitue le pilier du trafic. « Montoir et son terminal méthanier construit dans les années 80 est devenu un vrai hub pour le GNL », indique Francis Bertolotti. Une activité précieuse pour sécuriser les trafics et qui justifierait à elle seule le titre de grand port d’État. Un tacle à l'endroit d’Edouard Philippe et à son oubli lors de son discours du CIMer. « Ce qui nous qualifie, c’est l’énergie », rappelle-t-il, alors que le port a montré ses capacités à effectuer le transbordement de navires GNL en 24H et à organiser la chaîne logistique. Pour compenser l’attrition du gaz au cours des années passées, le port a misé sur les trafics régionaux trop peu adressés à ses yeux. « De Cholet à la Chine, nous sommes allés rencontrer les entreprises pour leur dire que leurs trafics pouvaient transiter par Nantes au lieu du Havre ou Anvers ». D’où la nécessité d’accroître l’hinterland dans les années à venir. En 2018, des zones de croissances ont ainsi été identifiées en Chine (bœuf), en Afrique (fruits) ou avec les USA, où s’est mise en place la liaison Airbus entre Montoir et Mobil, au Texas.

Man veut s'ouvrir aux conteneurs

Parallèlement, les investissements se sont poursuivis sur la zone portuaire pour accompagner le développement des filières économiques. Quarante millions d’euros sont investis pour étendre les quais destinés aux navires rouliers et accueillir les nouveaux portiques du terminal du grand Ouest. Á Saint-Nazaire, 15 M€ doivent permettre de réaménager le boulevard des apprentis et permettre la circulation en toute sécurité des colis XXL. Le port mise aussi sur la création de nouveaux services à l’instar du services fluvial Flexiloire, mis en œuvre il y a un an entre l’amont et l’aval de l’Estuaire. D’abord emprunté par Airbus, ce service est également utilisé par le motoriste Man (650 personnes à Nantes) qui cherche à s’ouvrir aux conteneurs et au transport de déchets.

D’autres services logistiques sont à l'étude, telle la création d’un guichet unique réglementaire qui centraliserait les opérations de douane et les contrôles vétérinaires, sanitaires… Enfin, dans le cadre de l’entretien et la valorisation des espaces naturels, un Appel à manifestations d’intérêt va être lancé pour accueillir une nouvelle centrale photovoltaïque sur la zone portuaire. Attentif à l’activité du port, Olivier Tretout a d’emblée considéré qu’il allait falloir « densifier et étendre les lignes régulières, optimiser les outils, mettre en œuvre de nouveaux services … pour faire en sorte que le passage portuaire des marchandises soit simple, efficace et sans histoire et que Nantes Saint-Nazaire soit de plus en plus le port du Grand Ouest. Le potentiel existe… »

--- Frédéric Thual ---

Photo : De gauche à droite, Olivier Tretout, président du directoire, Francis Bertolotti, président du conseil de surveillance et pascal Freneau, directeur de la communication du Grand port maritime de Nantes Saint Nazaire ©FT

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