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La compagnie maritime basée en Martinique, qui exploite deux navires d’une capacité de 7 500 t, doté de deux grues d’une capacité de 60 t chacune, lance un nouveau service mensuel entre l’Europe, les Antilles et l’Amérique du Sud pour les importations de bois en breakbulk depuis le Brésil. Avec une escale dans le port normand.

Le 10 mai au matin, le Herbeira, general cargo de la compagnie maritime Caribbean Line, est arrivé à Honfleur pour y décharger 1 000 m³ de bois en provenance de Belém, au Brésil. Il en avait déjà déchargé autant à Leixoes au Portugal, et en déchargera le double à Rotterdam et moitié moins à Anvers lors de ses prochaines escales.

Le choix de Honfleur n’est pas un hasard pour Caribbean Line, propriété de CEM. Le groupe, dont le siège est au Robert en Martinique, est présent aux Antilles dans la minoterie, les aliments du bétail et le négoce de matières premières. Il s’est lancé dans le transport maritime en 1989 avec la Soreidom, qui affrète des navires principalement au départ de La Rochelle ou des États-Unis pour des transports de céréales vers les Antilles, puis a créé en 2010 Caribbean Line, dont les deux navires font des rotations entre l’Europe, les Antilles et l’Amérique du Sud.

Déficit de conteneurs, retour au conventionnel

Le Herbeira est un conventionnel gréé d’une capacité de 7 500 t, doté de deux grues d’une capacité de 60 t chacune. Sa rotation, au départ d’Anvers, comprend des escales à Douvres et à La Corogne, puis aux Antilles à Saint-Martin, à Basse-Terre (Guadeloupe), au Robert (Martinique), à Georgetown (Guyana), Paramaribo (Suriname), et à Saint-Laurent du Maroni en Guyane. Une nouvelle escale vient d’être ajoutée : Belém au Brésil, où du bois a été chargé en breakbulk.

« Le transport de bois en vrac est une activité que nous avions arrêtée du fait de la conteneurisation, indique le directeur général de Caribbean Line, Aimery de Laroullière. Avec les difficultés sur le conteneur, qui se concentre sur l’Asie, il y a un retour au transport maritime conventionnel tandis que la guerre en Ukraine tend le marché du bois. D’où notre retour au Brésil, où les conteneurs vides se font rares, alors qu’il y en a des montagnes aux Antilles ou en Guyane. »

Belém dispose d’entrepôts et de quais adaptés au bois, qui n’étaient plus utilisés. Le dirigeant est confiant sur le potentiel du conventionnel, « méconnu des nouvelles générations de transitaires », alors qu’il peut transporter des chargements très variés, « depuis les palettes gerbables jusqu’aux engins de travaux publics manutentionnés en lolo. »

Stratégie du port secondaire

Caribbean Line a fait d’Anvers son hub principal. La compagnie maritime y charge chez Zuid Natie des matériaux de construction ou du roulant à destination des Antilles ou du nord de l’Amérique du Sud. Ses navires gréés lui permettent d’accéder à ses ports secondaires qui offrent souvent peu de profondeur et ne disposent pas d’équipements portuaires.

C’est cette stratégie privilégiant les ports secondaires qui l’a aussi conduit à escaler à Honfleur plutôt qu’au Havre ou à Rouen. Ce petit port de l’embouchure de la Seine présente aussi l’intérêt de faire partie de Haropa, où sont présents tous les transitaires spécialisés dans l’outre-mer.

Étienne Berrier