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Les deux armateurs de navires conventionnels, qui partageaient déjà des capacités sur des services réguliers entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, créent une entreprise commune pour élargir leur couverture à la Méditerranée et à la mer Noire. Ensemble, ils consolident une flotte de 19 multipurpose avec une capacité de charge jusqu'à 360 t. 

Dans un contexte agité, deux des principaux acteurs du conventionnel Bocs et UAL vont plus loin dans leur coopération, qui jusqu’à présent prenait la forme de partage de capacités pour desservir du nord-ouest de l'Europe jusqu’à l'Afrique de l'Ouest. Les deux spécialistes de la couverture Europe-Méditerranée-Afrique créent une société commune pour renforcer leur ancrage.

La nouvelle entité, baptisée UAL Bocs Shipping Line BV (UBSL), sera basée à Capelle, aux Pays-Bas. Ensemble, ils vont consolider une flotte de 19 multipurpose gréés de 8 000 à 33 000 tpl avec des capacités de levage jusqu'à 360 t. 

 « Dans les conditions actuelles, il est extrêmement difficile de trouver de l'espace pour nos navires et nos clients. En partageant notre tonnage, nous parvenons à répondre aux besoins sur ce marché étroit. Les synergies sont évidentes et, grâce à cette coentreprise, nous allons en faire profiter nos clients de la Méditerranée et de la mer Noire », justifie Harald Maas, directeur d'Universal Africa Lines, basée aux Pays-Bas.

Couverture étendue

Flexibilité, traversées accrues et couverture étendue, ajoute Björn Hollnagel, le directeur général de Bocs. Bremen Overseas Chartering & Shipping est présent sur la relation Europe du Nord/côte ouest-africaine depuis plus de 20 ans avec une ligne conventionnelle régulière. En Europe, ses navires chargent principalement à Anvers et à Rouen, tous deux desservis par les polyvalents African WindAfrican River et African Forest ainsi que par les Bocs Spirit et Bocs Vision. Ils font déjà l’objet d’un service partagé avec UAL. Ils escalent toutes les trois semaines dans les deux ports européens à destination de Dakar, d’Abidjan, Libreville, Port-Gentil, Douala ou encore Pointe Noire. Vers le sud, les trafics sont plus diversifiés (céréales, des produits sidérurgiques, marchandises générales et breakbuk) que vers le nord, plus axé sur les produits de bois tropicaux et le cacao. 

UAL est historiquement plus orientée sur les projets industriels, pétroliers et gaziers, notamment au Nigeria, en Angola ou en Guinée équatoriale, où elle dispose d’un port franc à Malabo sur l'île de Bioko. La compagnie exploite un double service régulier : depuis l’Europe du Nord et le golfe du Mexique (Houston et Veracruz) vers la plupart la rangée occidentale de l’Afrique, entre la Côte d’Ivoire et l’Angola, pour du fret essentiellement lié au pétrole, au gaz et au fret de projet.

En Europe, les principaux ports de chargement sont Anvers et Aberdeen. En mars, la Néerlandaise a ajouté à sa flotte le polyvalent UAL Manitoba de 12 700 tpl, équipé de deux grues de 120 t qui peuvent être combinées pour avoir une capacité de levage maximale de 240 t. 

Tensions sur les capacités

« En raison de la tension actuelle sur le tonnage mondial et des nouveaux marchés pétroliers et gaziers tels que le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Mozambique pour n'en citer que quelques-uns, l'étape logique pour nous était d'investir dans des navires supplémentaires », avait alors justifié Harald Maas. « Avec notre bureau d'affrètement au Danemark, nous développons également la Méditerranée - une raison de plus pour investir », avait-il ajouté 

Avec la pandémie de nombreux navires polyvalents ont été retirés d'Afrique et déplacés vers l’Asie. Les tensions sur les capacités disponibles ont exercé une pression sur les services, d’autant que la reprise a été forte, notamment pour UAL qui a une politique d’affrètement.

Adeline Descamps