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Après Maersk et CMA CGM, Cosco opte à son tour pour le méthanol. Le quatrième transporteur maritime mondial de conteneurs a obtenu l’accord de sa maison mère Cosco Shipping Holdings pour commander douze porte-conteneurs de 24 000 EVP bicarburant pour une valeur de près de 2,9 Md$. Une petite révolution. L’armateur chinois de porte-conteneurs n’avait pas pris parti jusqu’à présent en faveur d’une alternative au fuel.

Cosco est le troisième parmi les grands transporteurs maritimes de conteneurs à prendre le pari du méthanol. L’armateur chinois de porte-conteneurs, qui ne s’était pas prononcé jusqu’à présent en faveur d’une des trois options les plus crédibles aux énergies fossiles pour ce qui est de la ligne régulière (GNL, ammoniac, méthanol), manifeste pour la première fois ses convictions. Le conseil d’administration lui a donné le blanc-seing pour passer commande de douze navires à double carburant avec le méthanol. 

La commande sera répartie entre OOCL et CoscoSL, pour sept et cinq navires à 239,85 M$ chacun, soit une valeur totale de 2,88 Md$ à raison de 240 M$ l’unité. Nantong Cosco KHI Ship Engineering (NACKS) et de Dalian Cosco KHI Ship Engineering (DACKS), les coentreprises de Cosco et du japonais Kawasaki Heavy Industries, doivent les livrer entre le troisième trimestre de 2026 et le troisième trimestre de 2028. Les deux chantiers ont déjà en commande douze unités de 23 000 EVP pour Cosco. 

46 navires en commande

Une fois ces deux nouvelles séries livrées totalisant vingt-quatre navires, le numéro quatre mondial de la ligne conteneurisée (avec une capacité de 2,87 MEVP) exploitera une flotte de 46 megamax (entre 18 900 et 21 200 EVP) tandis que chez OOCL, sa filiale, six unités de 21 400 EVP sont en service.

Le carnet de commandes de Cosco comprend désormais 46 navires pour une capacité supplémentaire de 874 673 EVP. Pour autant, avec 3,74 MEVP de capacités à terme, la compagnie ne devrait toujours pas représenter un danger pour CMA CGM qui le précéde dans le classement mondial. Avec ses commandes en cours, l’armateur français conserve une longueur d’avance (4,048 MEVP). Cosco n’a fourni aucun détail sur l’origine de son avitaillement, une des principales problématiques du méthanol. 

Maersk et CMA CGM se sont positionnés

A.P. Møller-Maersk, qui fut le premier à se positionner sur le méthanol, s’affaire de puis un an à sécuriser ses approvisionnements. L’armateur danois avait contracté pour une première série de huit porte-conteneurs commandés en août 2021, confié à Hyundai Heavy Industries (HHI) et dont la livraison est prévue en 2024 et 2025. Il a ensuite exercé son option pour quatre autres en janvier 2022. L'ensemble avait été précédé, en juillet 2021, d’un feeder, confié à Hyundai Mipo Dockyard (HMD). Ce dernier devrait être mis à l’eau en 2023 pour opérer en Baltique. Enfin, il a signé début octobre une nouvelle série de six porte-conteneurs de 17 000 EVP.  

En juin dernier, à l’occasion de la présentation des résultats du second trimestre, CMA CGM, grand promoteur du GNL, a annoncé une commande de six porte-conteneurs dual fuel de 15 000 EVP au méthanol. 

Adeline Descamps