© Gadani Ship Breaking yard

Le nombre de porte-conteneurs vendus pour démolition a atteint en 2021 un niveau historiquement bas selon Alphaliner mais il s’en est commandé 555 d'après VesselsValue. Les propriétaires de navires devraient encore bouder le recyclage en 2022. L’affrètement de navires reste trop profitable. 

La mise en perspective est éloquente. Les commandes de porte-conteneurs ont quadruplé entre 2020 et 2021, estimées à 555 l’an dernier selon les données de VesselsValue. Dans le même temps, le nombre de navires vendus pour démolition n’a même pas atteint les 20 unités d’après Alphaliner. En 2021, 14 007 EVP ont été envoyés à la casse contre 194 500 EVP en 2020, et bien loin des 417 000 et 655 000 EVP recyclés en 2017 et 2016. 

Autre performance, cette désertion s’est opérée alors que les prix de la tonne de ferraille n’ont cessé de grimper tout au long de l’année jusqu’à atteindre les 600 $. 

Les propriétaires de porte-conteneurs ont donc préféré continuer à négocier leurs navires sur un marché de l'affrètement en surrégime, « où des profits sans précédent pouvaient être réalisés, notamment avec un tonnage plus ancien exempt de dettes », souligne Alphaliner. En témoignent les 29 mises en service de navires âgés de 25 à 30 ans, dont dix pour des périodes de 24 mois ou plus, ou encore les 226 pour des navires âgés de 20 à 25 ans. 

60 000 EVP démantelés en 2022 ?

Nombre de ces engagements fixés à des taux élevés, comme par exemple les 35 000 $ pour un navire de 20 ans de 2 200 EVP pendant 36 mois, sont sans commune mesure avec les prix offerts par les négociants de navires en fin de vie.

Alphaliner s’attend à ce que « les armateurs restent à l'écart de la démolition tant que le marché de l'affrètement de porte-conteneurs restera fort, ce qui pourrait se prolonger au-delà du premier semestre 2022 ».

Ses calculs tablent sur 60 000 EVP vendus au démantèlement en 2022 alors que l’année 2023, première année de livraison des commandes passées l’an dernier, pourrait voir une reprise plus significative des mises au rebut, les nouvelles constructions poussant les navires plus anciens vers le cimétière. Et ce, d’autant plus que les échéances réglementaires de l’OMI sur la décarbonation de la flotte mondiale vont se resserrer. Les navires, dits plus verts, vont aussi pousser vers la sortie ceux qui carburent aux énergies fossiles.

A.D.