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Faute de carburants alternatifs immédiatement disponibles, le GNL poursuit sa pénétration du marché. Selon la dernière mise à jour de la société de classification DNV dans son rapport Alternative Fuel Insight, neuf navires supplémentaires alimentés au GNL ont été commandés en juillet, ce qui porte à 160 le nombre de navires commandés au cours des sept premiers mois de l’année.

Bien que la croissance des commandes se soit quelque peu ralentie, les contrats de construction portant sur des navires alimentés au GNL restent majoritaires. La conversion au gaz naturel liquéfié a été lente au sein de la communauté des exploitants de navires. Mais en l’absence d’alternatives probantes en termes de disponibilité, de facilité d’accès (infrastructures de soutage) et de retour sur expérience, les armateurs optent pour le pragmatisme faisant du GNL, imparfait pour traiter toutes émissions polluantes visées par les futures réglementations sur le climat, un carburant de transition en attendant la révolution énergétique. Révélateur, lors de la conférence téléphonique sur les résultats financiers pour le premier semestre, le PDG de ZIM, Éli Glickman, a annoncé que 28 des 46 navires neufs que la compagnie a affrétés seront alimentés au GNL.

Selon la dernière actualisation par la société de classification DNV de son rapport Alternative Fuel Insight, neuf navires supplémentaires au GNL ont été commandés en juillet, ce qui porte à 160 le nombre de commande au cours des sept premiers mois et le carnet de commandes total à plus de 500 navires d'ici 2028. C’est près de deux fois la flotte de navires alimentés au GNL en service (313, la plupart en hybride). En outre, 229 autres navires actuellement en flotte sont considérés comme prêts pour le GNL.

38 souteurs en service, 18 en commande

Les porte-conteneurs sont en tête des contrats de construction représentant la moitié des navires commandés, suivis par les transporteurs de voitures qui représentent un autre quart des commandes. L’avitaillement s’ajuste également à cette configuration. Le nombre de souteurs en service approche la quarantaine (38) tandis que 18 unités supplémentaires font l’objet de négociations avec les chantiers.

Selon Clarksons, 147 ports assurent actuellement un avitaillement en GNL. Ils seront 200 d'ici 2024. L'Europe est en tête pour ce qui est des infrastructures de soutage du GNL, la majorité aux Pays-Bas, en Allemagne et en Norvège. Plus de 50 autres installations de soutage de GNL sont à l'étude, l'Europe représentant également la grande majorité d'entre elles.

Nombre record de commandes de méthaniers

L'augmentation de la demande de GNL – attribuée aux récentes turbulences géopolitiques ainsi qu'à l'accélération de la transition énergétique –, a également entraîné un nombre record de nouvelles constructions de méthaniers, avec 104 navires et une valeur de 22 Md$ à la mi-juillet, a déclaré Steve Gordon, directeur général de Clarksons.

La capacité de la flotte de méthaniers a ainsi atteint 691 navires (621 de plus de 100 000 m³) tandis qu’une expansion de l’ordre de 4 à 5 % est prévue pour 2022 et 2023. Il y a dix ans, la flotte comptait 362 navires et totalisait une capacité de 51,9 millions de m3. Le carnet de commandes des nouvelles constructions représente 40 % de la capacité existante, contre 27 % au début de 2021.

Une ombre au tableau : les prix actuels du GNL. Selon les données du port de Rotterdam, les achats de GNL comme combustible de soute ont plongé à 63 497 m3 au deuxième trimestre de cette année. Une baisse de 43 % par rapport au premier trimestre. 

A.D.