Energy Observer 2 - © Kadeg Boucher © Epron Design
Energy Observer 2 - © Kadeg Boucher © Epron Design

Les caractéristiques du futur navire naviguant à l’hydrogène et doté de voiles ont été dévoilées par Energy Observer à l’occasion du One Ocean Summit à Brest. Plusieurs défis technologiques restent cependant à relever pour ce projet innovant, auquel est associé CMA-CGM.

Depuis 2017, Energy Observer a fait naviguer autour du monde son catamaran zéro émission : nommé Energy Observer, il est propulsé par la voile et l’électricité, bardé de panneaux photovoltaïques et capable de produire en mer de l’hydrogène à partir du vent ou du soleil. L’entreprise s’est appuyée sur l’expérience accumulée au cours des nombreux milles parcourus par le catamaran pour travailler à la conception d’un navire polyvalent propulsé dans les mêmes conditions.

Mais pour le nouveau démonstrateur, baptisé Energy Observer 2, il ne s’agit plus de produire à la mer l’énergie nécessaire à la propulsion du navire. Le projet est de construire une unité équipée de voiles de 120 m de long, 22 m de large et 5,5 m de tirant d’eau (50 m de tirant d’air), capable d’emporter 5 000 t de marchandises avec près de 6 500 km d’autonomie grâce aux 70 t d’hydrogène liquéfié embarquées.

L’énergie, produite à terre à partir d’électricité issue des énergies renouvelable, sera stockée dans des soutes d’une capacité de 1 000 m³ et pourrait fournir au navire polyvalent l’équivalent de 210 t de diesel.

Air Liquid et CMA CGM en partenaires

En complément, le vent contribuera à hauteur de 15 à 40 % grâce à quatre mats-ailes d’une surface totale de 1 450 m². Le solde de propulsion sera fourni par l’hydrogène, une pile à combustible alimentant les moteurs électriques de 4 MW. Air Liquide, partenaire du projet, fournira son énergie de spécialité et travaille actuellement à lever les « derniers verrous technologiques, comme l’intégration de grands réservoirs ou la gestion des températures cryogéniques ».

La pile à combustible est conçue par Eodev, la filiale industrielle d’Energy Observer. La propulsion vélique est conçue par Ayro, la société de l’architecte naval Marc Van Peteghem, par ailleurs impliquée dans l’ingénierie d’autres projets autour de l’énergie vélique.

Le bureau d’étude LMG Marin, qui a conçu Hydra, premier ferry norvégien à naviguer à l’hydrogène, participe également au projet. CMA-CGM, qui « analyse l’ensemble des paramètres commerciaux et opérationnels de cette nouvelle génération de navires de charge », est aussi de la partie.

480 m linéaire pour les trafics rouliers

Le navire est prévu pour emporter des conteneurs à raison de 240 EVP mais également du fret roulier grâce à sa rampe de 15 m de large, avec 480 m de linéaire sous une hauteur de 6,5 m.

Son cahier des charges, selon Energy Observer, « a été établi en fonction des besoins urgents de renouvellement des polyvalents d’environ 5 000 tpl, constituant près de 37 % de la flotte mondiale, de conception souvent ancienne et polluante. Utilisés sur des lignes intracontinentales et côtières, ils représentent une alternative au transport routier et peuvent faire escale dans des ports modestes sans logistique lourde », indiquent les promoteurs du projet.

Energy Observer 2 devrait être mis à l’eau en 2025 pour sa première campagne d’essais. L’exploitation commerciale n’est pas prévue avant 2027.

Étienne Berrier