Le Libéria devient le deuxième plus grand pays d'immatriculation de navires au monde après les Îles Marshall et toujours derrière le Panama.

Selon le World Fleet Monitor de janvier 2019 établi par l’analyste Clarkson, le nombre de navires hissant le drapeau du petit État ouest-africain du libéria a dépassé en jauge brute les Îles Marshall, rétrogradés désormais à la troisième place. Le premier registre mondial de navires demeure le Panama, avec un total de 7 072 navires immatriculés, soit près de 9 % de la flotte mondiale, suivi du Libéria avec 3 726 et des Îles Marshall avec 3 719 navires, selon les données fournies par VesselsValue. 

59 % du tonnage mondial relèvent des cinq premiers pavillons (Panama, Liberia, Îles Marshall, Hong-Kong et Singapour). Pourtant, la plupart des navires n’ont jamais mouillé dans les eaux de ces États, souvent choisis pour leur juridiction peu contraignante.

La flotte du Liberia aurait enregistré une croissance de 8 % en 2018, soit le double des autres registres. Le pavillon libérien est commercialisé non pas par une société locale, mais par Liberian International Ship & Corporate Registry (LISCR), qui a son siège en Virginie aux Etats-Unis. Le gestionnaire y voit le fait que « plus que tout autre État du pavillon, le registre d’immatriculation libérien est capable de combiner sécurité, efficacité et réduction des coûts ».

Dès 1948, Monrovia s’est positionné sur « ce commerce » avec la bénédiction du grand frère américain, un sécrétaire d'Etat avait imaginé un système permettant aux compagnies américaines d’enregistrer à moindre coût, et depuis les États-Unis, leurs navires sous la bannière d'un pays « ami » de Washington avec une réglementation inspirée du droit américain.Très rapidement, il attira les sociétés pétrolières américaines, et les armateurs grecs. Puis, la corruption, la guerre civile, la violence des régimes, l’émergence d’autres registres maritimes, et les naufrages comme l’Amoco Cadiz en 1978, ont écorné la success story. Depuis, l'État africain a déployé beaucoup d'efforts pour remonter dans les classements internationaux en acquérant une crédibilité notamment en ratifiant la plupart des conventions de l’OMI et en mettant en place des procédures d’inspection et de contrôle plus strictes.

.409 navires battent pavillon français

La flotte de commerce sous pavillon français, répartie entre différents registres d’immatriculation du pavillon national – Registre International Français (RIF), registre métropolitain, registres d’Outre-mer (Polynésie Française, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna) – comptait, au 1er juillet 2018, 409 navires d’une jauge brute de plus de 100 UMS, parmi lesquels 168 de transport et 241 de services. Les 168 navires dédiés au transport totalisent près de 5,8 millions de jauge brute avec une capacité d’emport de 6,8 millions de tonnes de port en lourd (tpl).

Selon l’Institut of Shipping, Economics and Logistics (ISL), la flotte française se situerait au 30e rang des flottes mondiales en termes de taille du pavillon et au 22e rang mondial pour sa flotte contrôlée au sens large (pavillon France et tiers). Au total, le tonnage sous pavillon français représente 0,4 % du tonnage mondial

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, en 2017, plus de 70 % de la flotte commerciale étaient soumis à l’ordre juridique d’un État autre que celui du pays propriétaire, souvent parce qu’il est moins exigeant pour des raisons sociales.

--- A.D ---