Selon la dernière analyse de marché du Bimco (Baltic International maritime council), l'année 2018 devrait être de meilleur augure pour les armateurs de vracs secs, estime Peter Sand, directeur de l'équipe de recherche du Bimco. "Il faudra que les armateurs tirent avantage de 2018 si les conditions de marché annoncées se réalisent", indique PEter Sand. Et il continue en appelant à améliorer les fondamentaux du secteur. Ainsi, du côté de la demande, la progression des importations de charbon et de minerais de fer de la Chine ont augmenté. Des armements ont pu tirer profit de cette nouvelle donne. "Si 2018 continue dans la même veine, à savoir environ 5% de croissance, l'industrie maritime des vracs secs devrait redevenir bénéficiaire", continue le responsable du Bimco. Les bénéfices financiers des armements ne devraient malgré tout pas intervenir avant 2019. Deux facteurs essentiels sont à prendre en considération pour le marché en 2018. D'une part, il faudra que les armements acceptent d'envoyer au ferraillage les navires les plus anciens. "Alors que la flotte devrait augmenter de 1% en 2018, il est important que le slow steaming soit maintenu. L'augmentation de la vitesse des navires pourrait rapidement inverser la tendance". L'autre élément à surveiller sera les commandes de navires neufs pour éviter de voir une hausse trop forte de l'offre. En 2017, la flotte devrait avoir augmenté de 3% alors que la demande a de son côté progresser de 5%.  Néanmoins, aux premiers jours de 2017, les prévisions de croissance de la flotte ne dépassaient pas 2%. Si les armateurs n'avaient pas accentué la progression de la flotte, la rentabilité issue des taux de fret de la fin de l'anéne aurait été meilleure.

Des perspectives relativement optimistes pour l'année à venir avec malgré tout une nuance apportée par Peter Sand. Les vracs secs subissent une saisonnalité. Les deux premiers trimestres de l'année sont généralement les plus faibles. "Il faut s'attendre à voir les trafics baisser au premier trimestre. C'est à ce moment qu'il sera nécessaire d'adapter la vitesse des navires". Néanmoins, selon les dernières estimations, la demande en minerai de fer de la Chine devrait connaître une croissance en 2018 de 3%. Quant au charbon, après avoir enregistré une hausse de 19% en 2017, il devrait se stabiliser en 2018. Pour le directeur de la recherche au Bimco, si les différents éléments se réalisent, à savoir la bonne progression de la demande et une hausse contrôlée de la flotte, l'année 2018 pourrait être celle du retour des bénéfices. "Nous sommes passés à côté des conditions économiques de 2004 à la fin 2017. Il y a 13 ans, la croissance de la demande a augmenté de 10,5% et la flotte de 6,8%. Les cartes sont enter les mains du marché.