Le méthanier Pskov, qui a chargé les premiers flux du terminal de liquéfaction de Portovaya, désormais en service. ©SCF

Les premiers volumes de GNL produits par le terminal de liquéfaction de Portovaya opéré par Gazprom ont été chargés à bord d’un méthanier de Sovcomflot. Le méthanier a quitté le port pour une destination inconnue. L’opération a attiré l’attention des médias internationaux compte tenu du contexte tendu autour du gaz entre la Russie et l’Union européenne.  

Les premiers flux de GNL produits au complexe Portovaya de Gazprom, dans l’oblast de Leningrad, ont été chargés à bord du méthanier Pskov, propriété de Sovcomflot. D'une capacité de 170 000 m3, le navire a quitté le 13 septembre le terminal de liquéfaction dont les deux premiers trains (capacité de 1,5 Mt) sont entrés en service. Situé près du port russe de Vyssotsk, en mer Baltique, entre la Pologne et la Lituanie, le complexe comprend également un FSU (unité de stockage flottant). 

L'usine liquéfie le gaz naturel provenant de la station de compression voisine de Portovaya, qui jouxte le gazoduc Nord Stream 1, reliant la Russie à l’Allemagne. Le gazoduc, dont les flux vers l’Europe ont été progressivement réduits au fur et à mesure des sanctions prises par l’Europe, a fait l’objet d’un arrêt de près de 15 jours pour maintenance en juillet puis l’entreprise a invoqué un problème technique sur une turbine, le contraignant à une nouvelle fermeture fin août-septembre, avant d’annoncer la fermeture le 2 septembre en raison d’une fuite sur une conduite. Depuis plusieurs semaines, le Kremlin est accusé par les Européens de servir « militariser » le gazoduc.

L'opérateur de l'usine, Gazprom LNG Portovaya, n’a pas indiqué la destination du méthanier mais les données de MarineTraffic mentionnent Port Saïd, le port égytien comme destination. Initialement, il était prévu que Gazprom approvisionne en GNL la région de Kaliningrad. Il était le 15 septembre localisé en mer Baltique. 

Destination du méthanier ?

Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Union européenne s'est engagée en mars à réduire sa dépendance de deux tiers à l'égard du gaz naturel russe d'ici à la fin de 2022. Mais il semble que de nouveaux accords soient encore en cours d'élaboration avec ses États membres. D’après les informations de Bloomberg, le premier chargement aura la Grèce pour destination ultime. Le client final, lui, n’est pas connu des sources de l’agence. 

L'identité de l'acheteur et la taille de la cargaison n'ont pas été communiquées, mais la Grèce ne possède qu'une seule installation de GNL qui approvisionne le marché intérieur, ainsi que la Bulgarie - également un pays de l'UE - et la Macédoine du Nord.

La Suède, autre pays de l'UE, continue également d'importer du GNL russe. Récemment, les militants de Greenpeace Nordic ont tenté d’empêcher un méthanier de décharger dans un de ses ports.

A.D.