Le carnet de commandes des vraquiers ne représente que 7 % de la flotte existante. En 2024, les livraisons de vraquiers atteindront leur plus bas niveau en 19 ans. Cette perspective, estime l’organisation maritime, devrait favoriser les nouvelles commandes, selon le Bimco. 

« Bénéficiaires » de la pandémie, au même titre que le secteur du conteneur, les exploitants de vraquiers, qui sortaient alors d’une décennie d’activité en fond de cale, ont renoué avec la confiance en 2021. Elle s’est assez rapidement matérialisée par la commande de nouveaux navires, qui ont totalisé l’an dernier 48,4 millions de tpl (Mtpl). Contrairement au conteneur, la parenthèse ne s’est pas éternisée pour le vrac sec. La foi dans la conjoncture s’est vite émoussée, aspirée par l’hypervolatilité de la demande de transport et donc des taux de fret, qui ont bien baissé tout au long de l’année après avoir atteint des sommets même s’ils restent supérieurs à la moyenne

Au cours des dix premiers mois de 2022, seuls 11,7 Mtpl ont été contractés, « les préoccupations concernant la croissance économique et les carburants alternatifs ayant dominé le secteur », justifie le Bimco, l’organisation maritime internationale, dont les membres représentent plus de 60 % du tonnage mondial.

13,3 % des livraisons au GNL

Quoi qu’il en soit, les prochaines livraisons seront dominées par les panamax et supramax, les géants que sont les capesize ne représenteront que 27,8 % des livraisons en 2024, ce qui est nettement inférieur à leur moyenne décennale de 40,9 %.

« La faiblesse et la volatilité des taux, ainsi qu'un rapport de 0,6 entre les prix des navires neufs et ceux des navires de cinq ans d'âge, entravent la conclusion de contrats dans ce segment », soutient le Bimco. Mesurés en port en lourd, seuls 13,3 % des livraisons jusqu'à la fin de 2024 sont configurés pour recevoir du GNL et et 6 % pour l'ammoniac.

Obsolescence programmée

Avec la menace de récession qui plane sur de nombreuses économies mondiales, la frilosité dans les décisions d'investissement devrait rester la norme. Mais, met en garde le Bimco dans sa note, « l'âge moyen des vraquiers a augmenté de six mois chaque année depuis 2018 et le vraquier moyen a maintenant onze ans et six mois ». Or plus le navire est vieux moins il pourra se conformer aux nouvelles normes réglementaires, EEXI et CII, dont l’échéance est proche (1er janvier 2023), ce qui suggère que les envois à la casse vont d’accélérer, tout comme les prises de commandes « vers la fin de 2023 », fixe l’association.

Sur le marché S&P, les ventes ont été dominées en octobre par les transactions de handysize, dont la valeur s’est renchérie pour la plupart des catégories d’âge, après une période de déclin. « Les valeurs des navires de dix ans d'âge ont augmenté d'environ 2 % depuis le début du mois d'octobre pour atteindre une moyenne 6,7 M$ », indique VesselsValue, qui a comptabilisé une dizaine de ventes, ce qui a représenté 30 % de toutes les transactions de vraquiers. En octobre, ces navires d’une capacité de 10 000 – 49 999 tpl  se négociaient à un peu plus de 17 000 $/j, bien plus que pour un capesize.

Adeline Descamps