La marque d’intérêt du danois DSV pour l’entreprise suisse de logistique Panalpina n’a pas pour autant ravivé l’appétit de l’allemande Kuehne & Nagel. 

Alors que Panalpina, n°6 mondial de la logistique, avait annoncé il y a quelques jours avoir reçu une proposition de rachat non sollicitée de sa concurrente et n°7 mondiale DSV au prix de 170 francs suisses (150 €) par action (cf. JMM News 5093-3), le n°2 mondial, Kuehne & Nagel, qui avait pourtant approché en novembre la bâloise, a mis un terme aux spéculations lui prêtant la volonté de surenchérir. « Si les Danois veulent absolument acheter une Panalpina désespérément surévaluée, alors vous ne pouvez pas l'empêcher », a déclaré Klaus-Michael Kuehne dans une interview au journal Handelszeitung. L’actionnaire majoritaire du groupe estime la société trop chère au prix où elle est valorisée par l’offre de DSV. « Panalpina aurait pu être une cible plus attrayante sur le plan financier il y a un an, alors qu'il y a maintenant un décalage entre le potentiel opérationnel de l'entreprise et son évaluation », a t-il dit sans ambages.

 

Fronde d'actionnaires

L'action Panalpina a immédiatement chuté de 1,6 % à 180 francs suisses, tandis que Kuehne & Nagel a perdu 0,2 %. Depuis l'offre de DSV, l'action Panalpina a augmenté de plus d'un tiers, la valorisant désormais à 4,6 milliards de francs suisses (4,06 Md€). En cas d'accord, l’ensemble DSV/Panalpina se hisserait à la 4e place mondiale, derrière DHL Global Forwarding, Kuehne & Nagel et DB Schenker.

L’offre inopinée de DSV intervient alors que l’entreprise suisse subit les coups de butoir du fonds d’investissement suédois Cevian Capital, son second actionnaire avec une participation de 12,3 %, pour divergences sur la stratégie. Les analystes estiment que DSV aura à augmenter sa mise de fonds s’il veut obtenir la « sympathie » de l’actionnaire majoritaire de Panalpina, la Fondation Ernst Goehner, qui détient 46 % de son capital. Cette dernière ne s’est pas encore prononcée tandis que Cevian approuve la proposition danoise.

Second ratage programmé ?

Jens Bjorn Andersen, directeur général de DSV, a déclaré pour sa part auprès des médias qu'il resterait à l’affût d’autres opportunités, quelle que soit l’issue du dossier et qu'il n'était pas sous pression. Le danois n'est plus à un ratage près. Il avait été contraint en octobre de renoncer à son projet de rachat de Ceva Logistics face à la réticence du conseil d’administration de cette dernière en dépit d’une offre évaluant l’entreprise à 1,53 milliard de francs suisses (1,34 Md€). L’offensive DSV avait du coup poussé l'armateur basé à Marseille CMA CGM, actionnaire de Ceva, à précipiter une montée au capital.

Avec cette opération, DSV cherche à étendre sa présence dans le fret aérien et maritime, un secteur en croissance au sein de son groupe. Le directeur général n'a pas encore précisé si DSV était prêt à augmenter son offre si nécessaire. L'acquisition de Panalpina serait la plus conséquente du groupe danois. La dernière opération d’une importance similaire remonte à janvier 2016 quand il avait mis la main sur l’américaine UTi Worldwide pour 1,35 Md$.

A.D