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L’effet est à retardement mais la crise sanitaire n’a pas épargné l’infrastructure offrant le passage maritime le plus court entre l’Europe et la côte ouest des États-Unis. La baisse du transit des navires est notable en avril et mai.

« Nous commençons à ressentir l'impact de la situation sur le trafic », a déclaré l'administrateur de l'Autorité du canal de Panama (ACP), Ricaurte Vásquez, dans une vidéoconférence organisée par un média local.

En avril, 1 022 navires ont transité par l’isthme centraméricain, soit 169 de moins que prévu. En mai, le nombre de passages est tombé à 925. En janvier 2020, il y a eu 1 283 transits, 1 226 en février et 1 210 en mars. Les exonérations consenties ont donc eu peu d’effets. Alors que les transporteurs maritimes désertaient les traditionnelles routes pour relier l’Asie et les États-Unis depuis l’Europe, les canaux de Suez et Panama avaient ajusté leur offre. ACP avait ainsi annoncé des facilités temporaires sur les frais de réservation « pour soulager les trésoreries dans un contexte difficile » ainsi que des exonérations de stationnement pour les navires au mouillage. 

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Parmi les segments de marché les plus touchés figurent les paquebots, avec notamment 45 unités de moins par rapport à 2019. Les grands transporteurs de voitures et les méthaniers ont également fait défaut au canal.

« Je ne pense pas que les conditions économiques fondamentales qui existaient ont changé, mais la pandémie a accéléré les ajustements nécessaires qui devaient être faits dans le domaine du commerce », a déclaré de façon sibylline le gestionnaire, n’excluant pas que son infrastructure « devra également se réinventer dans la façon dont elle sert les clients ».

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Il a surtout insisté sur l’orthodoxie budgétaire dont il devrait faire preuve. « Nous avons fait des simulations qui peuvent amputer notre budget jusqu’à 700 M$, mais tout dépendra de l’évolution du trafic. » Ricaurte Vásquez prône un grand plan d’investissement public – de 2 Md$ – pour soutenir l’économie panaméenne, garantir les emplois et préserver l’intégrité du Canal, qui a bénéficié ces derniers années de subsides publics massifs.

469 Mt engrangés en 2019

Avec un volume de 469 Mt au cours de son exercice 2019, le canal de Panama avait affiché une augmentation de 6,2 % par rapport à 2018. Les résultats avaient dépassé les 450,7 Mt estimés pour l'exercice 2019 et les 442 Mt enregistrés durant l'exercice précédent. Le Canal devait notamment sa performance aux transits de GNL et de GPL, qui ont augmenté respectivement de 37,6 % et 6,9 % l’an dernier. Parmi les autres trafics ayant connu une dynamique, les transporteurs de produits pétroliers (+ 5,6 %) et les transporteurs de véhicules (+ 5,5 %). 

Par tonnage, ce sont les porte-conteneurs qui dominent avec 164,87 Mt, dont 126,2 Mt ayant transité par les écluses néo-panamax, loin devant les deuxièmes usagers que sont les vraquiers (76,5 Mt). Le canal reste très emprunté par les navires assurant un service entre la côte est des États-Unis et l'Asie.

A.D.