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Selon Alphaliner, la capacité de la flotte déployée sur les services réguliers de ligne intra-européens touchant Saint-Pétersbourg a chuté de 96 400 à 15 700 EVP entre février et juin. Seuls MSC et CMA CGM maintiennent encore quelques départs et arrivées. Les capacités ont notamment été redéployées sur des services intra-européens ou opérant entre Europe du nord et le Canada.

Les sanctions prises à l'encontre de la Russie à la suite de l'invasion de l'Ukraine le 24 février ont un effet important sur le conteneur bien que les volumes des ports russes soient faibles. Après avoir cessé leurs services sur l’Ukraine, la plupart des transporteurs maritimes de conteneurs ont fini par réduire drastiquement leur couverture des ports russes. Les contrôles des marchandises à destination de la Russie, qui ont redoublé dans le cadre de la mise en œuvre des sanctions internationales, ont exacerbé les retards. Hapag-Lloyd a annoncé, dès le 28 février, ne plus prendre de réservations de et vers la Russie alors que la plupart des compagnies de la ligne régulière évoquaient encore leur retrait comme une option. 

Selon Alphaliner, la capacité de la flotte déployée sur les services réguliers de ligne intra-européens touchant Saint-Pétersbourg a chuté de 96 400 à 15 700 EVP entre février et juin. MSC et CMA CGM sont les seuls transporteurs à encore annoncer des départs et des arrivées dans le port russe, bien que des porte-conteneurs de Unifeeder et de Cosco ont fréquenté le port de Saint-Pétersbourg ces dernières semaines pour des voyages hors programme.

Désertion en pointillé

La moitié des 43 navires qui ont déserté le port baltique a été redéployé en Europe du Nord. Soit un apport de capacité de 37 800 EVP.  Le transfert n'a toutefois qu'un impact minime sur la pénurie mondiale de porte-conteneurs, puisque les 80 700 EVP concernés ne représentent que 0,3 % de la flotte mondiale de porte-conteneurs. 

In fine, Saint-Pétersbourg accueille encore une boucle de MSC, orientée reefer, qui déploie neuf navires de 4 112 à 8 722 EVP entre l'Équateur, l'Amérique centrale, l'Europe du Nord et la Baltique. La compagnie suisse annonce toujours officiellement des escales dans le port russe dans le cadre de son service vers/depuis le Maroc-Afrique de l'Ouest et aurait même intégré l’escale à la rotation de rotation intra-baltique. Les programmes de CMA CGM pour son Baltic Shuttle Service A (Anvers-Hambourg-mer Baltique) mentionnent encore également les escales à Saint-Pétersbourg.

Redéploiement vers le Canada

Avant l'invasion de l'Ukraine par son voisin russe, Sealand (Maersk) disposait de la plus grande capacité à destination et en provenance de Saint-Pétersbourg. Le transporteur danois a maintenu la desserte jusqu'au 29 avril pour récupérer des boîtes vides. Depuis, ses porte-conteneurs de 3 596 EVP configurés pour naviguer dans la Baltique (appelés Winter Palaces) ont été redéployés sur le Canada Atlantic Express (CAE) entre Europe du Nord-Montréal-Halifax, exploité conjointement avec CMA CGM.

La route Europe du Nord-Canada a également récupéré trois feeders de 2 330 à 2 400 EVP exploités par Hapag-Lloyd, qui opéraient sur son service mer du Nord-Baltique.

Adeline Descamps