Le port de Mykolaïv dans le sud de l'Ukraine ©DR

Les exportations ukrainiennes de céréales ont baissé de 30 % jusqu'à présent pour la saison 2022/23. La Russie va de son côté modifier la formule de calcul de ses taxes sur les céréales pour soutenir ses ventes. 

Pour le premier mois de la nouvelle saison 2022/23, les expéditions étaient en retrait de 30 % sur une base annuelle, à 402 000 t, selon les données du ministère ukrainien de l'Agriculture. Mais la précédente saison s’en sort plutôt bien au regard des circonstances. La campagne d’exportations de céréales pour la saison 2021/22 s’est achevée le 30 juin sur des volumes en hausse de 8,5 % pour atteindre 48,5 Mt, grâce aux importants volumes qui avaient pu être acheminés avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février.

Depuis, les expéditions se sont effondrées. Les ports de la mer Noire – une route clé pour les expéditions – font l’objet d’un blocus maritime, dont les conséquences pour les prix des denrées alimentaires et l’approvisionnement des pays (pauvres) dépendants, sont désormais connues.

Le gouvernement table sur une récolte de 50 Mt de céréales cette année, contre un record de 86 Mt en 2021, en raison de la perte de terres au profit des forces russes et de la baisse des rendements céréaliers.

Sortir les grains de l'Ukraine à tout prix

La Russie, entre rouble et taxe

La Russie, premier exportateur mondial de blé, va modifier ses règles de calcul de ses taxes à l'exportation de céréales et d'huile de tournesol pour soutenir ses exportations dans un contexte de rouble fort, a annoncé le ministère de l'Économie. Sous sanctions internationales, le pays continue à exporter mais se heurte à des problématiques de paiement. La force du rouble, à son niveau le plus élevé depuis sept ans par rapport au dollar américain en raison du contrôle des capitaux.

Pour réduire l'impact de la dynamique du taux de change rouble-dollar sur le montant des taxes à l'exportation « tout en assurant la stabilité des prix intérieurs », la formule de calcul doit être revue mais sans en connaître l’échéance.

Cette taxe sur les exportations de blé, qui avait été établie en juin 2021 dans le cadre de mesures dont le gouvernement espérait qu'elles contribueraient à stabiliser l'inflation alimentaire intérieure, était fixée à 146,1 $ par tonne début juillet.

A.D.