Parti le 4 août de Lianyungang (Jiangsu), le brise glace était chargé de 63 colis lourds lorsqu’il a accosté le port de Rouen.

 

Moins médiatisé que le porte-conteneur CMA CGM Saint-Exupéry, dont les dimensions XL ne surprennent plus que les non-initiés, le cargo brise-glace Tian En de Cosco vient pourtant de réaliser une première pour les ports de l’Hexagone ...

Curieuse symétrie des moments. Ce 6 septembre. Deux des cinq premiers transporteurs maritimes mondiaux– l’un chinois, l’autre français, le premier passant tout récemment devant le second dans le classement des 30 premiers armements mondiaux par le jeu d’une acquisition – se partageaient les faveurs de la presse à moins d’une centaine de kilomètres. Les deux partenaires au sein d’une des alliances maritimes sacraient chacun un événement important dans deux des ports du bassin de la Seine, Le Havre et Rouen.

Moins médiatisé que le porte-conteneur CMA CGM Saint-Exupéry, dont les dimensions ne surprennent plus que les non-initiés, le MPV Tian En de Cosco, deux fois plus petit avec ses 190 m de long et 28 m de large, vient pourtant de réaliser une première pour les ports de l’Hexagone (Cosco a réalisé 14 voyages entre l’Europe et la Chine avec des navires similaires) : relier la Chine et la France en se frayant un chemin à travers les eaux glacées de l’Arctique. Cette fameuse route du Grand Nord (le passage du nord-est) dont il est beaucoup question ces derniers jours : Maersk a annoncé il y a quelques jours qu’un de ses porte-conteneurs s’apprêtait à en prendre le chemin, une autre première.

Une route maritime bien intéressante car elle permettrait de réduire le temps de trajet pour relier l'Europe aux ports chinois. Pour l’heure, les ports français reçoivent déjà des méthaniers empruntant cette route au départ du port de Novy, situé sur la péninsule de Yamal en Russie.

63 colis lourds

Parti le 4 août de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, le multi-purpose vessel, en opération depuis 2017, était chargé de 63 colis lourds, jusqu’à 70 t, dont 21 pâles d’éoliennes de 53 m de long lorsqu’il a accosté le terminal de Radicatel du port de Rouen. L’opération a été réalisée en partenariat avec Sealogis, une filiale du groupe Geodis/SNCF Logistics, dont la division « colis lourds s’est challengée sur le transport de marchandises exceptionnelles » tandis que la manutention a été confiée à la filiale de Katoen Natie, RMS Manutention.

« Nous sommes honorés de participer à ce voyage inaugural depuis la Chine vers la France via l’Arctique et au transport de ces marchandises exceptionnelles. Rompus au transport de colis hors normes, la route des glaces empruntée par le Tian En ajoute une corde à notre arc ! », indique Christophe Buisson, président de Sealogis, dans le communiqué envoyé à cette occasion.

Il est également précisé que l’escale a été « 100 % digitalisée avec le traitement complet du navire et de sa marchandise sous S)ONE, dernier-né des PCS de Soget ».

« Notre environnement portuaire dispose du système portuaire adapté pour ce type de fret », signifie Nicolas Occis, président de Haropa et directeur général du Port de Rouen, qui a préféré insisté sur sa spécialisation sur le breakbulk. Pour la cérémonie inaugurale, la ministre plénipotentiaire de l’ambassade de la République Populaire de Chine en France Yuanyuan Gao s’est distinguée par sa présence.

--- Adeline Descamps ---

 

 

Route maritime du Nord : 10 Mt en un an

Près de dix millions de tonnes de marchandises auraient transité sur la route maritime du Nord au cours des huit premiers mois de l'année, selon l'Agence fédérale russe maritime et fluviale. Il y a an, le trafic global était de 5,5 Mt. Sur les 9,95 Mt, 4,35 Mt ont été embarquées au départ du port pétrolier de Novy, situé sur la péninsule de Yamal en Russie, tandis que le port de Sabetta assuré 3,95 Mt de GNL, à l'export. Quelque 600 navires ont ainsi emprunté cette route, qui s'étend de Nouvelle-Zemble, à l'Ouest, au détroit de Béring, à l'Est. 10 % ne battaient pas pavillon russe.  

 

 

 

 

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