L'opérateur allemand de feeders Team Lines a annoncé qu’il allait cesser ses activités. La dégradation du marché nord-européen et la consolidation ne lui permettent plus d’opérer avec rentabilité. Un parmi tant d'autres. Les opérateurs historiques sur le marché du short sea et du feeder en Europe du Nord n’ont cessé de perdre des parts de marché ces dernières années au profit des transporteurs de lignes principales.

L’armateur hambourgeois Team Lines, qui assure des liaisons feeders sur près de 35 ports essentiellement dans le nord de l’Europe, a annoncé à ses clients qu’il allait cesser ses activités dès le 11 février prochain (cf. News 5094-2). Dans le communiqué, la direction - Alexander Saverys et Benjamin Weinacht – évoquent deux éléments justifiant sa décision : les « conditions de marché (qui) se sont détériorées en Europe du Nord au cours des dernières années » et la poursuite du « processus de consolidation » qui sévit dans le secteur et tend la situation. La société a estimé que, dans ces conditions, elle ne peut plus opérer avec rentabilité. Ne s’agissant pas d’une faillite, le courrier adressé à la clientèle garantit que tous les engagements seront honorés.

Fondée en 1991 après la fusion des activités de short sea de plusieurs armateurs hambourgeois historiques (H.M. Gehrckens, Ernst Russ, Johannes Ick et Mathies Reederei), Team Lines était devenue en 2006 propriété du groupe belge Delphis NV basé à Anvers. Progressivement, alors qu’elle disposait d’un réseau de liaisons maritimes, via les hubs de Hambourg, Rotterdam et Anvers, la compagnie allemande était devenue affréteur. Sur son marché – mer Baltique et mer du Nord –, Team Lines doit notamment affronter Unifeeder, mais plus globalement les autres acteurs du marché.  

Forêt de disparues

Selon les données fournies par Alphaliner, les opérateurs historiques sur le marché de la courte distance et du feeder en Europe du port n’ont cessé de perdre des parts de marché ces dernières années au profit des transporteurs de lignes principales, MSC, Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd. Cosco a également renforcé sa présence sur ce marché grâce à l'intégration des activités d'OOCL. Dans le même temps, la part des spécialistes est passée de 66 % à 44 %. Témoin de la dégradation du marché, la capacité totale exploitée a en outre perdu quelques conteneurs, passée de 164 000 EVP à 117 000 EVP.

La disparition de Team Lines cache une forêt de défuntes ou de disparues sous d'autres marques. Cette dernière décennie, par exemple, Baltic Container Lines, société fondée en 1995 à Gdynia (Pologne) a été absorbée par Inter Marine Container Lines (IMCL) en 2007, société créée à Limassol (Chypre) en 1996 et qui depuis 2010 opère en tant que filiale de la danoise Unifeeder A/S. Auparavant connue sous le nom de United Shipping Agencies A/S, cette dernière a changé de nom pour Unifeeder A/S en novembre 2005. Depuis le 6 décembre 2018, elle est une filiale de DP World. Outre IMCL, Unifeeder a avalé Feederlink en 2012 et Tschudi Lines en 2015.

CMA CGM a pour sa part acquis le Finlandais Containerships, qui chapeaute désormais MacAndrews, en Europe du Nord et en Méditerranée. Pour renforcer son maillage, l’armateur français et 4e transporteur de conteneurs mondial a procédé ces dernières années à quelques opérations de croissance externe lui permettant de se positionner sur le marché du transport de l’intra régional : CNC en Asie, Mercosul au Brésil, Sofrana, dans les îles du Pacifique, et MacAndrews en Europe.

--- Adeline Descamps ---