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L’État sud-coréen envisage de privatiser la compagnie nationale en 2022, quelques années après avoir sauvé de la banqueroute l'ancienne Hyundai Merchant Marine à l’aide de banques publiques d’investissement.

Alors que les milieux financiers soupçonnaient depuis un temps l’État sud-coréen de chercher un acquéreur pour son fleuron national, la bonne santé financière de HMM pourrait accélérer le processus. La compagnie nationale a généré des bénéfices avant déduction des charges, des produits d'intérêt et des impôts de 4 636 milliards de KRW (3,9 Md$) au cours des neuf premiers mois de 2021. Le ministère des Océans et de la Pêche a confirmé au cours d’une conférence de presse, le 23 novembre, qu'il espérait trouver un candidat pour le huitième transporteur maritime mondial de conteneurs, dont la capacité approche désormais le million d’EVP (985 000 EVP avec son carnet de commandes, selon Alphaliner).

Les autorités évoquent « une vente à grande échelle ainsi que la conversion des obligations en actions » d'ici la fin du premier trimestre de 2022 mais l’exécutif ne devrait pas totalement se désengager. Si le schéma des précédentes transactions est appliqué, l’acquéreur pourrait être l'un des grands conglomérats sud-coréens. Un appel d’offres international ne figure en tout cas pas dans les intentions de l’exécutif, a-t-il précisé. Les analystes financiers avaient un temps pressenti le sidérurgiste Posco.

Ces compagnies qui appellent l’État en renfort

Sauvée des eaux

Héritière de Hyundai Merchant Marine, que l’État avait reprise en 2016 pour la sauver de la faillite, HMM fait partie des grandes compagnies ayant largement bénéficié des subsides publics. Il y a encore peu de temps, en juin 2020, la Corée du Sud annonçait qu’elle allait abonder le secteur maritime à hauteur de 1 Md$, dont plus de la moitié (591 M$) en faveur de la seule compagnie nationale.

La banque publique Korea Development Bank (KDB), le principal actionnaire de HMM et aussi son plus grand créancier, devait alors rembourser la dette (380 M$) arrivant à échéance du transporteur sud-coréen.

Depuis 2016, selon Alphaliner, la KDB et la banque publique Korea Ocean Business Corp. (KOBC) ont injecté plus de 3 280 milliards de wons (2,4 Md$) par émission de titres de créance. Ce qui a notamment permis à l’exploitant de porte-conteneurs de passer commande de ses 12 grandes unités qu’il a fini de receptionner en septembre 2020. À eux deux, ils détiendraient actuellement plus de 40 % des actions de la compagnie maritime, en plus d’obligations convertibles.

La consécration, HMM franchit le million d’EVP

Des précédents

HMM n’est pas la seule entreprise coréenne concernée par la privatisation. En 2019 a été annoncée la vente de DSME à sa compatriote HHI, mais dont le processus patine. Trois trois autres chantiers navals sud-coréens – STX Offshore & Shipbuilding, Hanjin Heavy Industries & Construction et Daesun Shipbuilding Engineering – sont concernés par l’ouverture à l’investissement privé.

Adeline Descamps