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Le vrac sec aligne tous les signes d’une confiance retrouvée. Avec les taux de fret raffermis, l’appétit revient pour les nouvelles constructions. Les intérêts sont manifestes et les carnets de commandes se remplissent, selon les courtiers. 

Les plus grands vraquiers gagnent de l’argent, beaucoup d’argent, et cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas connu une telle fortune. Ils connaissent en cela une trajectoire diamétralement opposée à leurs homologues des vracs liquides, les superpétroliers, qui couvrent à peine leurs coûts d’exploitation.

Alors que les capesize dépasse les 25 000 $ par jour avec des taux d'affrètement à temps en hausse fulgurante de 71 %, selon le courtier Clarkson Platou, les VLCC voient leurs revenus fondre de 73 % depuis le 20 décembre, pour atteindre environ 5 000 $/j. Les panamax sont également concernés par le phénomène «vrac sec », mais dans une moindre mesure (+14,9 %) pour atteindre 14 500 USD par jour.

Après des années sombres...

« 2021 a bien commencé pour le marché des capesize avec une augmentation de 10,4 % du nombre de voyages effectués ou en cours dans les 20 premiers jours de l'année par rapport à la même période l'année dernière », indique dans sa dernière note Peter Sand, analyste en chef des transports maritimes au sein du Bimco, soulignant l’exception « capesize » car tous les vraquiers n’en profitent pas.

Les perspectives aiguisent les appétits et délient les bourses. Dans son dernier rapport hebdomadaire, le courtier Allied Shipbroking s’étonne de la vigueur des commandes. La semaine dernière, 12 kamsarmax et ultramax sont venus gonfler les carnets de commande. « La hausse des taux de fret, l'équilibre plus sain entre l'offre et la demande et le sentiment qu'une grande partie des conséquences de la pandémie aient été épongés semblent avoir contribué au regain d'intérêt pour les nouvelles commandes », explique le courtier. La faim ne tenaille pas en revanche les opérateurs de pétroliers, qui « ne sont pas encore convaincus que la demande va rebondir relativement vite, alors que les prix ne sont pas encore suffisamment attractifs. »

Sur le marché S&P

Allied Shipbroking constate, de son côté, sur le marché S&P, « une autre semaine active, car l'intérêt des acheteurs semble s'être encore intensifié ces derniers temps en raison de l'amélioration du sentiment. La semaine dernière, l'attention s'est portée sur toutes les tailles », indique le professionnel. Le fait le plus saillant reste celui de cinq capesize qui ont changé de mains. « Un autre fait notable est l’intérêt porté à des unités plus jeunes », précise-t-il.

Du côté des pétroliers, Allied constate aussi une semaine hyperactive du fait de prix bas qui nourrissent l'appétit des chasseurs d'aubaines. L’intérêt a porté sur toutes les tailles mais la majorité des transactions se sont concentrées sur les transporteurs de produits pétroliers. « Cela reflète en partie le sentiment plus positif de la plupart des acteurs de ce sous-segment par rapport à celle du marché du pétrole brut. »

En termes de transactions, Banchero Costa a constaté une pléthore de ventes la semaine dernière : 10 capesize, 10 Panamaxes et six handysize ont été vendus. Les chinois se sont distingués par leur soif d’acquisition.

Adeline Descamps