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Un premier chargement de céréales ukrainiennes a quitté le port d'Odessa le 1er août à bord du Razoni, conformément aux termes de l'accord signé entre la Russie et l’Ukraine sous l’égide de l’ONU et de la Turquie, pays qui a joué le rôle de médiateur dans cette avancée. Les chargements bloqués dans les ports ukrainiens depuis de la début de la guerre compromettent la sécurité alimentaire de nombreux pays.

Sous la supervision du Centre de coordination conjointe (CCC), un vraquier chargé de 26 000 t de maïs a quitté le port d’Odessa, première opération autorisée en vertu de l'accord signé le 22 juillet à Istanbul entre l'Ukraine et la Russie, via une médiation de la Turquie et sous l'égide des Nations unies, 

Odessa est un des trois ports du pays, avec Yuzhnyi et Chornomorsk – 65 % des exportations totales de céréales du pays à eux trois –, concernés par l’accord international qui doit permettre de sortir les grains du pays et de soulager les marchés agricoles internationaux. L'Ukraine est l'un des principaux exportateurs mondiaux de blé avec la Russie. De nombreux pays en voie de développement dépendent de ses approvisionnements. D'autres convois sont appelés à suivre. La Turquie table sur un départ par jour.

Sous pavillon sierra-léonais, le Razoni est arrivé au large de la côte nord d'Istanbul sur la mer Noire le 2 août, où il devait ancrer pour la nuit au large des côtes de Turquie. Il sera ensuite inspecté le 3 août par une par une délégation composée de représentants turcs, russes, ukrainiens et de l'ONU conformément à la demande de Moscou  Il rejoindra ensuite le Liban, destinataire de la cargaison.

Des exportations en chute libre

Au 29 juillet, l’Ukraine avait exporté environ 325 000 t de blé pour ce qui concerne la campagne de commercialisation 2022-23 (juillet-juin), en baisse de 53,2 % sur un an a indiqué le ministère de l'Agriculture. L'Association ukrainienne des céréales table sur un volume de 10 Mt. Une projection sensiblement égale à celle du ministère américain de l'Agriculture (10,8 Mt). 

Au 29 juillet, les agriculteurs ukrainiens avaient récolté 8 Mt de blé, soit une baisse de 52,7 % sur l'année, selon les données du ministère. L'Association ukrainienne des céréales estime la production ukrainienne de blé pour la campagne 2022-23 à 20,8 Mt, soit 37 % de moins que l'année précédente. L'USDA, dans son rapport World Agricultural Supply and Demand Estimates publié le 12 juillet, l’a pour sa part évalué à 19,5 Mt.

Céréales/Ukraine : une logistique de guerre à enjeux

Envolée des cours

Depuis le début de la guerre, le prix du blé s’est envolé. Le 16 mai, la tonne s’échangeait à 439,25 € sur Euronext. L'Inde venait d’annoncer le blocage de ses exportations pour préserver son marché interne et veiller à ses propres besoins. L’annonce a créé la panique sur les marchés et généré de l’inquiétude du Bangladesh et du Sri Lanka, très dépendants des récoltes indiennes.

La tonne de blé sur Euronext pour livraison en septembre s'échangeait autour de 330 $ à la mi-journée le 2 août. Alors que le jour de l'annonce de l’accord, les prix avaient chuté de 5 %, ils ont cédé 2 % en réaction à ce premier départ.

Les facteurs géopolitiques ne sont pas les seuls comptables de la situation. Les conditions météorologiques – pluies très importantes fin 2021 en Australie et exceptionnelle vague de chaleur en Inde – ont contribué à ce que les cours du blé renchérissent de plus de 50 % entre mars et la mi-mai.

A.D.