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Le 27 mai 1847, un groupe d'armateurs et de marchands fondait la Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft (Hapag) à Hambourg. Ce n'est qu'en 1970 que Hapag-Lloyd AG est née de la fusion de Hapag avec North German Lloyd, basée à Brême. Du transport de courrier et de passagers, notamment d'émigrants en direction de l'Amérique du Nord, aux célèbres boîtes en acier inventées par Malcolm McLean, l’histoire du transport maritime revisitée à travers l’aventure de Hapag-Lloyd.

« Le passé prend racine dans l'avenir ». De l’unique voilier de 1848 à une flotte de 248 porte-conteneurs avec une part de marché mondiale de 6,8 % en termes de capacités conteneurisées, il s’est écoule près de 200 ans. Lors de sa création en 1847, le principal domaine d'activité de la compagnie était le transport de courrier et de passagers, notamment d'émigrants en direction de l'Amérique du Nord.  

Au milieu du XIXe siècle, la révolution industrielle a déjà opéré et balayé de nombreux métiers en Europe, qui nécessitent de moins en moins de travailleurs. Dans un premier processus de mondialisation, les liaisons de transport se développent à grande vitesse. « "Exprimez-vous ! Pourquoi déménagez-vous ?" demande le poète Ferdinand Freiligrath dans la ballade Les émigrants, devenue une hymne pour un sentiment national allemand. La réponse est simple : Parce qu'ils ne supportent plus la vie au pays. Jusqu'en 1918, le stress et la répression politique poussent des millions d'Européens, parmi lesquels de nombreux Allemands, surtout, à partir pour le Nouveau Monde à la recherche de nouvelles opportunités, d'une nouvelle vie », peut-on lire dans un document que publie Hapag-Lloyd, remontant le temps jusqu’à 1847. 

À l’époque, la traversée sur de petits voiliers en bois dure en moyenne entre 70 et 100 jours. Les passagers, en particulier les émigrants qui se trouvent dans les entreponts bas et exigus, sont traités comme des marchandises de moindre valeur.  

Faillite de Ocean Steam Navigation Company et naissance de l’ancêtre de Hapag

En 1845, plus de 115 000 Allemands ont ainsi émigré et neuf candidats sur dix embarquent à Brême tandis que Hambourg, craignant les émigrants pauvres et souvent malades, adopte des messures repoussoirs. Pourtant, le premier port allemand ne souhaite pas laisser l'émigration, un marché en pleine croissance, à la concurrence de Brême. La concurrence entre les deux ports mérite donc son qualificatif d’« ancestrale ».

En 1846, une première compagnie germano-américaine est fondée, la Ocean Steam Navigation Company, au capital de laquelle figure un marchand de Brême et consulaire (Hermann Henrich Meier), qui rêve d'une ligne directe Brême-New York. La compagnie fait rapidement en faillite, ouvrant néanmoins la voie le 27 mai 1847, à une autre initiative, présentée à la bourse de Hambourg, par une alliance d’armateurs et des marchands. L’ancêtre d’Hapag-Lloyd est né : il s’agit de la Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft ou Hapag. L’objectif est d'exploiter un service de ligne plus rapide et plus fiable entre Hambourg et l'Amérique du Nord, en utilisant des voiliers de première classe. 

Il faudra attendre 1970 pour que Hapag et North German Lloyd fusionnent. Une date clé qui scelle un jeu hanséatique de concurrence et de coopération qui aura duré 113 ans tout en propulsant les deux rivaux au sommet. C'est aussi le début de l'histoire de la première compagnie maritime allemande, Hapag-Lloyd AG, basée à Hambourg et à Brême.

Aujourd’hui, le numéro cinq mondial du transport maritime de conteneurs se distingue de ses pairs et concurrents par une stratégie à contre-courant, quasi anachronique.

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A.D.