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Le premier port britannique pour les conteneurs se serait bien passé de cette nouvelle publicité. Suite à la mise en lumière médiatique de Felixstowe, notamment par Maersk qui a renoncé à l’escale en raison de son encombrement, Richard Ballantyne, le directeur général de British Ports Association, l'organisme national qui représente les ports et les terminaux maritimes, s’est fendu d’un communiqué pour calmer le jeu.

« Bien que certains soient extrêmement occupés, l'écrasante majorité des ports britanniques fonctionnent actuellement normalement. Nous avons plusieurs portes d'entrée dans tout le Royaume-Uni et elles continuent à approvisionner le pays », indique Richard Ballantyne. Le directeur général de British Ports Association réagit quelques jours après les annonces de la compagnie danoise Maersk, qui a décidé de supprimer sine die ses escales à Felixstowe, premier port à conteneurs britannique avec 36 % des marchandises en boîtes à destination du Royaume-Uni, en raison de la congestion. Déjà saturé en temps normal, le port est en outre affecté par la grave pénurie de chauffeurs routiers qui touche le pays si bien que Boris Johnson a dû accorder, dans l'urgence, 10 500 visas de travail provisoires.

Le président rappelle que les ports à conteneurs du monde entier doivent actuellement gérer les arriérés, hérités des longs mois de confinement, et les poussées d’activité qui en résultent avec ce que cela suppose de pressions. « Le retour des conteneurs vides vers l'Asie et d'autres endroits est critique, mais les compagnies font ce qu’elles peuvent pour répondre aux demandes mondiales. C'est un véritable problème en Amérique du Nord et en Europe. »

Calendrier du fret 

Quant aux problèmes spécifiques propres aux ports britanniques – pénurie de chauffeurs routiers et approvisionnement tendu – « certaines marchandises ne sont pas traitées aussi rapidement qu'elles le devraient normalement. Cette situation a un impact sur tous les ports, et pas exclusivement sur les terminaux à conteneurs. Elle a entrainé des retards supplémentaires dans un certain nombre d’entre eux et les opérateurs de terminaux travaillent avec leurs clients pour faire sortir ces marchandises », tempère le président de BPA. 

Le coup de projecteur sur le premier port du pays tombe mal « dans le calendrier du fret ». Les mois précédant les fêtes de fin d’année génèrent habituellement une demande supplémentaire dans une économie de surcroît extrêmement dépendante des importations. Les images de rayons clairsemés et étagères vides relayées par les médias n’ont pas été du plus bel effet à un moment où Londres et Bruxelles s’échangent en outre des amabilités diplomatiques sur les manquements de l’autre au contrat post-Brexit.

15 % du tonnage des ports britanniques

« Le secteur maritime est vital pour l'économie britannique et les ports et l'industrie du transport travaillent en étroite collaboration pour que la Grande-Bretagne reste ouverte aux affaires » se sent obligé de rappeler Richard Ballantyne, qui avait fait entendre son désaccord quant à la sortie du pays de l’UE.

Pour rappel, les conteneurs représentent environ 15 % du tonnage des ports britanniques.

Adeline Descamps