Le constructeur naval croate, plus grand employeur industriel du pays avec 1 500 salariés, est en difficulté financière en raison des sanctions de l'UE visant des institutions bancaires russes.

Le chantier naval, filiale du groupe DIV, se voit amputé d’une partie du financement nécessaire à la construction de deux navires en raison d'une incapacité à trouver un prêt-relais à la banque russe VTB, concernée par les sanctions internationales. 

En mars, le chantier naval a tiré des fonds à hauteur de 82 M€ mais les restrictions imposées à la VTB en raison de la guerre en Ukraine ont empêché l’emprunt de 38 M€ restants sur un besoin de financement à l'origine de 150 M€ (DIV ayant apporté 30 M€).

Après avoir apporté un premier soutien financier à son chantier naval, elle-même fragilisée, DIV s’est tournée vers le gouvernement pour trouver une solution en vue d’achever la construction des deux navires. Brodosplit indique que la construction du premier navire touche à sa fin et qu’avec 500 000 € supplémentaires, il pourrait être finalisé. Le second projet, qui doit être livré à la fin de l'année, nécessiterait environ 8 M€.

Un relais par le gouvernement ?

Des discussions sont en cours avec la Banque croate pour la reconstruction et le développement (HBOR) afin d'obtenir un prêt-relais, DIV soulignant qu'elle ne demande pas de subventions. 

Dans une déclaration aux médias croates, le directeur général de Brodosplit a indiqué que tous les salaires n’avaient pas été versés depuis des semaines. À l’exception de quelque 600 personnes employées à la construction de patrouilleurs pour le ministère de la Défense, la plupart des 1 500 employés ont été mis au chômage technique depuis l'arrêt de la production en avril. 

Le chantier avait été privatisé par le gouvernement pour répondre aux requis de Bruxelles lorsque le pays est entré dans l'UE en 2013. Le gouvernement doit analyser à ce titre les implications techniques, juridiques et financières du soutien qu'il est autorisé à fournir.

La rédaction