Les dix premiers transporteurs mondiaux de conteneurs (hors MSC) ont consolidé une marge d’exploitation de plus de 80 Md$ au terme du troisième trimestre. Ils pourraient donc enregistrer un Ebit autour de 115 à 120 Md$ sur l'ensemble de l'année d'après les estimations d'Alphaliner. Le variant Omicron pourrait de surcroît prolonger cette bonne conjoncture qui, avant cela, commençait à marquer le pas.

D’après les calculs d’Alphaliner, les dix principaux transporteurs de conteneurs (sans MSC qui ne publie pas ses résultats) pourraient enregistrer des bénéfices d'exploitation consolidés de 115 à 120 Md$ sur l’ensemble de l’année, soit plus de six fois l’Ebit enregistré en 2020 (17 Md$). Cette prévision est fondée sur les bénéfices estimés du quatrième trimestre alors qu’ils ont déjà généré près de 80 Md$ au cours des neuf premiers mois de l'année. Drewry avait estimé pour sa part des bénéfices avant intérêts et impôts de 150 Md$ et n’envisageait pas de normalisation dans le secteur avant 2023. Quand le consultant britannique avait mentionné cette donnée, Omicron n’avait pas encore fait son apparition. Ce dernier pourrait bien prolonger l’été indien du secteur du conteneur.

Exposition au marché spot, facteur clef

Plus les armateurs de porte-conteneurs sont exposés au marché transpactifique et au spot, plus ils affichent des marges d’exploitation élevées. Sur la base des résultats du troisième trimestre, les compagnies taïwanaises ont été les plus rentables, en particulier Evergreen. Aucun n'a cependant déclaré de marges inférieures à 45 %. Maersk a enregistré le ratio le plus bas (46,1 %).

« Les compagnies ont choisi d'utiliser les liquidités pour investir massivement dans la logistique aérienne et terrestre [Maersk, CMA CGM] ou dans des terminaux portuaires [Hapag-Lloyd, CMA CGM]. D'autres [MSC, Evergreen) se sont concentrés sur la croissance de la flotte », indique le spécialiste de la ligne conteneurisée.

Désendettement facilité

Certains en ont par ailleurs profité pour se désendetter : Hapag-Lloyd a annoncé avoir ramené dette à 1,2 Md, contre 5,5 milliards au début de l'année. CMA CGM, l'un des transporteurs les plus endettés avant la pandémie suite à son achat de Ceva Logistics en 2019, a réduit son endettement de 18 à 12 Md$ en deux ans.

Plus éloquent encore, le singapourien PIL, numéro douze du secteur, en très grande difficulté ces deux dernières années, a annoncé être en mesure de finaliser la restructuration de sa dette de 1 Md$ avant la fin de l’année.

A.D.