La compagnie italienne, filiale du groupe américain Carnival, a annoncé le 10 mars suspendre temporairement toutes ses croisières prévues en Méditerranée jusqu'au 3 avril en raison de l'épidémie de Covid-19, une mesure qui concerne des milliers de passagers.

 « Ces derniers jours, Costa Croisières avait déjà annulé et reporté tous les voyages des passagers italiens sortant du territoire italien et partant sur des croisières en dehors de la Méditerranée dans le but de limiter les risques, de préserver l'environnement et d'appliquer les mesures spécifiques émises par le gouvernement italien », a précisé Costa dans un communiqué, qui annonce la suspension temporaire toutes ses croisières prévues en Méditerranée jusqu'au 3 avril.

La compagnie a précisé que « les croisières en cours feront escale dans les ports italiens uniquement pour permettre aux passagers de débarquer et de rentrer chez eux, sans excursions ni nouveaux embarquements ». Cette mesure touche finalement peu de navires. En cette période de l’année, les paquebots de Costa ne sont pas mobilisés en Méditerranée même si le début de la saison est proche. En revanche, ce sont des débuts singuliers pour son nouveau paquebot au GNL, le Costa Smeralda, mis en service en décembre. Le paquebot, dont la compagnie en fait un emblème de sa volonté à réduire son empreinte environnementale alors que les croisières sont l’œil du cyclone sociétale, opère en Méditerranée, avec des escales en Italie (Savone, Civitavecchia, La Spezia), en France (Marseille) et en Espagne (Barcelone, Palma de Majorque).

Entre personnes détectées et phobie de la contamination

La marque allemande de Costa, AIDA Cruises, a connu il y a quelques jours une mésaventure avec son paquebot AIDAsol, qui a été bloqué à Marseille à son arrivée, deux personnes suspectées d’une contamination ont dû être débarquées  et transférées à l’hôpital de la Timone pour y effectuer les tests, qui se sont révélés négatifs. Ce genre de situation semble se multiplier. Le Costa Fortuna, qui a son port d’attache à Singapour, devait y accoster le 10 mars après avoir été détourné des ports de Thaïlande et de Malaisie en raison des restrictions récemment introduites dans ces pays pour les personnes en provenance d'Italie. La situation sanitaire à bord du navire ne posait pourtant pas de problème, a souligné la compagnie de croisière. Tous les passagers du Costa Fortuna avaient déjà embarqué de Singapour et avaient subi des contrôles avant l'embarquement. Costa Cruises a ensuite informé qu'elle annulait le séjour qui devait partir le 10 mars de Singapour.

Mesures drastiques

Depuis le déclenchement de l'épidémie de Covid-19, les croisiéristes ont peu à peu durci les conditions d'admission à bord de leurs paquebots et notamment en refusant d'embarquer à toute personne ayant voyagé, visité ou transité par des aéroports en Chine, à Hong Kong et à Macao, dans les 14 jours précédant l'embarquement. Tous les passagers sont tenus de se soumettre à un contrôle de température par mesure de précaution. Ceux présentant de la fièvre et/ou d'autres symptômes de maladie respiratoire peuvent être soumis à un test.

Secteur particulièrement exposé

Parce qu’il est étroitement lié au tourisme, le secteur de la croisière est l’un des plus exposés aux risques économiques de l’épidémie. En anticipation, un des géants mondiaux du secteur, Royal Caribbean Cruises (Royal Caribbean International, Celebrity Cruises, Azamara et Silversea Cruises), a renforcé ses liquidités à hauteur de 550 M$. L’actionnaire des marques allemande TUI Cruises et espagnole Pullmantur Crucero a déclaré qu'il allait en outre réduire ses dépenses d'investissement, ses frais d'exploitation et prendre d'autres mesures pour améliorer la liquidité d'au moins 1,7 Md$ supplémentaires en 2020. Cette annonce fait suite aux déclarations des autorités américaines (Department of State Bureau of Consular Affairs), conseillant de ne pas partir en croisière. Royal Caribbean, qui a 17 unités en commande a par ailleurs revu ses prévisions pour le premier trimestre et l'ensemble de l'année 2020.

Selon les projections réalisées avant que n’éclate l’épidémie, le secteur de la croisière visait 32 millions de passagers dans le monde cette année.

La rédaction

 

 

 

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