Alors qu’il a commencé à vendre une partie de sa flotte, l’armateur russe de pétroliers encaisse une première annulation de commandes pour un méthanier classe glace Arc 7.

Dans une déclaration à la bourse, le constructeur naval sud-coréen DSME a annoncé l'annulation de l'un des trois méthaniers qu'il construit pour l'armateur russe, Sovcomflot n'ayant pas effectué la deuxième échéance d’un paiement lié à un contrat signé en octobre 2020. DSME avait reçu les commandes des trois navires Arc 7, d'une capacité de 172 410 m3 et d'une valeur d'environ 270 M$ l’unité, dans le cadre d'un programme de 15 méthaniers, répartis entre les constructeurs sud-coréens et le chantier naval russe Zvezda. DSME a toutefois précisé que la commande des deuxième et troisième navires n’était pas concernée.

Les trois premiers navires construits par DSME devaient être livrés en février, avril et juillet 2023. Les navires font l’objet d’un contrat affrètement avec le groupe gazier russe Novatek et devaient être exploités dans le cadre du projet Arctic LNG 2 dont est partie prenante TotalEnergies.

Clone de Yamal LNG, Arctic LNG 2 prévoit la construction de trois trains de liquéfaction de GNL d’une capacité de production de 6,6 Mt par an chacun. Il devait être lancé en 2023 pour atteindre en 2026 sa pleine capacité. Mais son devenir questionne. 

Treize navires en commande 

Samsung Heavy Industries a pour sa part indiqué qu'elle avait amorcé la construction des trois navires qui lui incombent et dont les coques sont construites dans le cadre d'un partenariat avec Zvezda. SHI a pu assurer la livraison, fin mars 2022, d'un mavire issu d'une commande précédente tandis qu’un autre était en cours de finalisation.

Selon VesselsValue, le carnet de commandes de Sovcomflot compte aujourd'hui 13 navires. 

Détentrice d’une dette estimée à 2,1 Md$, composée de prêts bancaires à court et à long terme qui exposent directement ou indirectement aux sanctions un ensemble de banques occidentales, la compagnie pétrolière russe avait fini par reconnaître qu’elle devait vendre une partie de ses navires pour honorer ses échéances avant l’entrée en vigueur des sanctions européennes. La date butoir imposée par l’UE pour rompre tous liens commerciaux avec des entités russes étant fixée au 15 mai. Sovcomflot a confirmé avoir vendu 14 navires.

A.D.