Le groupe énergétique italien a annoncé qu’il allait ouvrir un compte en euros et un autre en roubles auprès de Gazprombank afin d'honorer ses paiements de fourniture de gaz russe.

« L'obligation de paiement peut être remplie par le transfert d'euros », sans incompatibilité avec les sanctions européennes à l'égard de Moscou, a assuré Eni dans un communiqué. Le groupe italien, contrôlé à 30,3 % par l'État, ne semble pas avoir entendu l’avertissement de la Commission européenne. Bruxelles avait prévenu que l'ouverture d'un compte en roubles constituerait une violation des sanctions et enclencherait des procédures d'infraction.

Selon Eni, les autorités russes ont confirmé que « la facturation et le paiement continueront de s’effectuer en euros » – la devise convenue par les contrats –, et  qu’« un opérateur de la Bourse de Moscou effectuera la conversion en roubles dans les 48 heures sans intervention de la Banque centrale de Russie ».

Un décret du Kremlin a en effet introduit une nouvelle procédure de paiement en deux phases, avec d'abord un versement sur un compte de Gazprombank en euros ou dollars, puis la conversion en roubles sur un second compte ouvert auprès du même établissement. Dans un premier temps, ce mécanisme de conversion supposait une transaction avec la Banque centrale russe mais que le régime des sanctions de l'UE a interdit.

Gazprom : la moitié y ont souscrit

Environ la moitié des entreprises étrangères qui ont conclu un contrat de fourniture de gaz avec le géant russe Gazprom ont ouvert un compte en roubles auprès de Gazprombank pour honorer leurs paiements, a indiqué le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, cité par Ria Novosti.

A l'inverse de d’Eni, Gasum, importateur de gaz en Finlande, a le même jour annoncé refuser de payer Gazprom export en roubles et dit redouter une coupure de ses approvisionnements en gaz russe, comme la Pologne ou la Bulgarie qui ont déjà subi la fermeture du robinet.

La rédaction

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