Le personnel naviguant de HMM menace de faire grève pour la première fois en 45 ans d'histoire de la compagnie voire de démissionner en bloc. Les négociations achoppent sur des questions de revalorisation salariale après plusieurs années de gel des salaires.

La direction du 8e transporteur mondial de conteneur est dans l’impasse avec ses partenaires sociaux. Un troisième cycle de négociations avec les représentants salariaux n’a pas permis de déboucher sur un accord. Les échanges entamés depuis des mois achoppent toujours sur la question de la revalorisation des conditions de travail alors que les salaires sont gelés depuis six à huit ans, selon les catégories de personnels (à bord et au sol) en raison des difficultés financières de la compagnie.

Jusqu’au-boutistes, les marins, qui n’ont en principe pas le droit de faire grève quand ils naviguent sur du long-cours, menacent de faire grève voire de démissionner en bloc. Lors d'un vote la semaine dernière auquel ont participé 434 des 453 marins, 92,1 % des votants se sont prononcés en faveur d'une grève, qui serait la première depuis la création de la compagnie en 1976. 

Médiation sans succès

Selon le média coréen Joong Ang Daily, les partenaires sociaux, sans doute ragaillardis par les résultats financiers de leur employeur (des volumes en hausse de 8 %, un chiffre d’affaires en croissance de 110 %, un résultat bénéficiaire de plus d’1 Md$), cherchent à obtenir une augmentation de 25 % du salaire pour compenser le gel des six dernières années ainsi qu’une prime de 1 200 % sur la base de leur salaire mensuel.

HMM, qui a pour principal actionnaire la banque publique Korea Development Bank, avait d’abord proposé une revalorisation à hauteur 5,5 % et une prime de 100 % du salaire mensuel avant de revoir à la hausse son offre : une augmentation salariale de 8 %, une prime de 300 % et un bonus de 200 %. Cette dernière offre a été rejetée par le syndicat.  

Les représentants de la Commission nationale des relations de travail ont tenté une médiation entre les parties. Mais en vain. 

580 M€

La compagnie a exhorté les syndicats à revenir à la table des négociations, estimant qu'un mouvement de grève pourrait se solder par une perte d'exploitation de 580 M$.  L’entreprise n’est pas dans une situation confortable. Elle est confrontée à une pénurie de marins alors que ses conditions d’emploi seraient moins-disant par rapport à d’autres transporteurs. Un représentant syndical a laissé entendre que les salaires offerts par MSC sont 2,5 fois plus élevés. 

20 % des exportations du pays

La situation n’est pas sans inquiéter les acteurs économiques du pays alors que 18,4 % des exportations reposent sur le transporteur. Selon le ministère des Affaires maritimes et de la Pêche, les ports coréens ont traité 10,51 MEVP au cours du premier semestre de l'année. 

HMM exploite une flotte de 128 porte-conteneurs totalisant une capacité de 900 000 EVP. Avec ses commandes et affrètements, elle devrait dépasser le million d'EVP d'ici 2022.

A.D.