Les inquiétudes concernant la production de brut en mer du Nord ne sont pas nouvelles mais l'évolution de la production et des tendances à l'exportation remodèle la structure traditionnelle du secteur pétrolier de la mer du Nord, indique Gibson dans une de ses dernières publications. 

Le courtier Gibson s’inquiète pour le Brent de la mer du Nord, référence clé pour le marché mondial du pétrole et qui, comme le Forties, l'Oseberg, l'Ekofisk et le Troll, contribuent au mécanisme de détermination des prix. Or, selon les données de production d'Argus, la production combinée de ces cinq qualités s'est effondrée de 25 % depuis 2015 pour atteindre 870 000 barils par jour (b/j) en 2020. Une chute masquée par l'insuffisance des investissements, la crise sanitaire et la faiblesse persistante des prix du pétrole par rapport aux seuils de rentabilité requis.

« Tous ces facteurs renforcent les inquiétudes des négociants quant à une future pénurie de qualités douces pour fixer le prix des contrats Brent datés », indique le courtier maritime pour lequel il ne reste que deux solutions. La première consisterait à inclure les volumes sans cesse croissants de brut américain (comme le WTI) qui circulent vers le nord-ouest de l'Europe – les données de Kpler indiquent une augmentation de 14 % entre 2019 et 2020 –  mais cette option a été rapidement abandonnée après les critiques du marché.

Un commerce concentré sur les VLCC

La seconde option consisterait à inclure le brut Johan Sverdrup (JS) d'Equinor, qui serait le seul à « compenser la baisse de la production britannique et danoise de qualités traditionnelles de la mer du Nord ».

Selon Equinor, la production de ce brut devrait continuer à croître pour atteindre les 500 000 b/j d'ici mi-2021 et 720 000 b/j d'ici le quatrième trimestre 2022. Les données sur les flux suggèrent également une forte demande asiatique. Selon Kpler, les exportations de JS vers les acheteurs asiatiques ont augmenté de 76 % au premier trimestre par rapport au premier trimestre 2020. En comparaison, les exportations globales de la mer du Nord à destination de l'Asie n’ont augmenté que de 29 % sur la même période.

Les données montrent également que ce commerce est centré sur les VLCC, ce qui suggère que de nouvelles augmentations des volumes de JS profiteraient au tonnage-km des superpétroliers. « Ceci est d'autant plus vrai qu'il est peu probable que les raffineries européennes retrouvent leur niveau d'avant la pandémie ce qui stimulera les exportations hors de la région et l’activité des plus grands transporteurs de brut » , en déduit Gibson. La longue distance est toujours une bonne nouvelle pour le tonnage-km.

La rédaction

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