Les contrats de construction de navires-citernes ne représentent que 1,6 Mtpl au premier semestre 2022, soit le semestre le plus faible jamais enregistré.

Entre 1996 et 2021, le volume semestriel de commandes de pétroliers le plus faible a été de 3 Mtpl, enregistré au premier semestre de 1999. Malgré l'amélioration des taux de fret et des perspectives de marché plus positives, le premier semestre de 2022 s'est terminé avec à peine plus de la moitié de ce volume : 1,6 Mtpl. Par conséquent, le ratio entre le carnet de commandes et la flotte en exploitation est tombé à 5,1 %, son plus bas niveau depuis 1996.

Selon les données du BIMCO, seuls 23 pétroliers ont fait l'objet d'un contrat de construction au cours du premier semestre 2022 : quatre transporteurs de brut et dix-neuf navires de transport de produits pétroliers, 
 
Les prix des nouvelles constructions (les plus élevés depuis 2008) et les hausses de 25 à 42 % depuis novembre 2020 incitent les propriétaires et exploitants à l’attentisme. Les arbitrages à opérer dans les technologies de propulsion pour répondre aux nouvelles normes réglementaires en termes d’émissions carbone peuvent également avoir reporté certaines commandes.

Étant donné que 6 à 7 % de la capacité des pétroliers de brut et de produits pétroliers ont au moins 20 ans et 20 à 21% ont entre 15 et 19 ans, la démolition annuelle devrait normalement atteindre environ 3 % de la capacité de la flotte, ce qui dépasserait donc les livraisons prévues.

À court et à moyen terme, les perspectives sont toutefois encourageantes. L'année 2023 devrait voir une augmentation de la demande de tonnes-milles en raison de la mise en œuvre complète de l'interdiction par l'UE d’importer par la voie maritime du pétrole et des produits pétroliers de la Russie.

Flotte à renouveler

À plus long terme, les perspectives de la demande sont un peu plus incertaines, car l'Agence internationale de l'énergie prévoit que la demande de pétrole pourrait atteindre un pic entre le milieu des années 2020 et le milieu des années 2030.

« Il n'en reste pas moins que la flotte devra être renouvelée à terme, notamment pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et que les contrats augmenteront donc dans les années à venir », fait valoir l’analyste du BIMCO.

A.D.