L'administration Biden va autoriser les exportations de pétrole vénézuélien vers l'Europe. Dernier mouvement dans le grand chambardement des flux générés par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les États-Unis ont un nouvel ennemi. Et il s’appelle Vladmir Poutine. L’administration Biden a déclaré qu’elle allait assouplir ses sanctions pour permettre au pétrole vénézuélien d'être acheminé vers l'Europe afin de limiter le recours au pétrole russe, a annoncé Bloomberg.

Chevron, l'une des rares compagnies pétrolières encore présentes au Venezuela, serait ainsi autorisée à négocier sa licence avec la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA pour reprendre ses activités dans le pays. Le département du Trésor a délivré une licence « restreinte » à la compagnie pétrolière américaine qui l’autorise à entamer des pourparlers avec le gouvernement Maduro sur un éventuel redémarrage de la production. Elle n'autorise pas la conclusion d'un accord ou toute activité impliquant la compagnie pétrolière publique vénézuélienne, a précise l’administration américaine. Elle est également « limitée dans le temps » afin que les responsables puissent évaluer les étapes « à mesure des avancées ».

Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, soit environ 300 milliards de barils, mais ne produit que 0,8 million de barils par jour, selon l'Agence internationale de l'énergie, qui précise que le pays ne dispose pour l'instant d'aucune capacité de production de réserve.

Russie, gagnante de l’embargo vénézuélien

L’information intervient alors que de nombreux acteurs de l'industrie pétrolière se préparent également à un assouplissement des sanctions iraniennes. 

Le Venezuela était autrefois un important fournisseur de brut aux États-Unis avant que les restrictions américaines gèlent les opérations dans le pays. En 2020, le département du Trésor a accordé une licence à Chevron et à d'autres sociétés pour qu'elles puissent uniquement préserver leurs actifs au Venezuela, tout en interdisant la production et l'interface avec les responsables vénézuéliens. L'année dernière, cette licence a été prolongée jusqu'en juin 2022.

Dans l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien, la Russie a été un grand gagnant.

La rédaction

Photo :©Chevron