Los Angeles et Long Beach peinent à suivre le rythme alors qu’un nouveau record a encore été atteint en mai avec 1,9 MEVP. 

Sans temps mort depuis onze mois. Sous pression mais bénéficiaires. Les ports de la baie de San Pedro, principales portes d’entrée américaines, sont aux avant-postes de l’incroyable explosion du marché des conteneurs sur le transpacifique. Los Angeles et Long Beach battent des records mois après mois en traitant des flux dans des volumes inédits et des conditions « extra-ordinaires ».

En mai, 535 714 EVP chargés ont été importés à Los Angeles et 444 736 EVP à Long Beach. Le revers de la médaille des importations record est le record des exportations à vide, 675 429 EVP ayant quitté les deux ports en mai. C'est plus de cinq fois le niveau des exportations du même mois (122 951 EVP). « Ceci explique que les exportations américaines ne se redressent pas aussi vite que les importations et que les transporteurs cherchent des délais d'exécution rapides pour renvoyer les boîtes en Asie », explique l’association internationale des exploitants de flotte, le Bimco, représentant plus de 60 % du tonnage mondial. 

À Los Angeles, la direction portuaire indiquait dans une de ses dernières allocutions un sérieux déséquilibre, avec un rapport de près de 5 à 1, entre les importations et les exportations. Un tiers des navires se rendant à Los Angeles partent des ports du sud de la Chine.

Los Angeles : le cap des 10 MEVP a été franchi

Résorption des arriérés 

Los Angeles détient le record de la plus grande quantité de conteneurs traités en un seul mois, réalisant ainsi en mai le plus chargé de ses 114 ans d'histoire. Il est devenu le premier port du continent américain à traiter plus d’1 MEVP en un seul mois et plus de 10 MEVP sur un an. La direction portuaire indique que les quarts de travail des dockers ont augmenté de 20 % par rapport à la moyenne sur trois ans et la productivité des navires de 50 %. Ce qui a permis de traiter les arriérés de retards.

Le rapport Signal data du port souligne qu'actuellement, seuls huit navires sont à l'ancre en attente d'un espace dans le terminal. Le temps d'attente moyen au mouillage est également réduit à cinq jours. Il y a eu ces derniers mois jusqu’à 60 navires à l’ancre en janvier.

8,6 MEVP

Au cours des cinq premiers mois de cette année, les deux ports ont enregistré un volume total de 8,6 MEVP, soit une augmentation de 26,5 % par rapport au début de 2019 (et de plus de 45 % au cours des cinq premiers mois de 2020, mais peu signifiante). Avant la pandémie, le volume le plus élevé jamais enregistré par les deux ports était de 1,5 MEVP, en juillet 2019. 

« L'économie américaine se rouvre et les services deviennent plus largement disponibles mais la demande américaine de biens reste forte. Les détaillants ont actuellement du mal à suivre et les retards dans l'expédition de leurs marchandises continuent de perturber gravement les chaînes d'approvisionnement en flux tendus », constate Peter Sand, analyste en chef des transports maritimes du Bimco, à l’initiative de ce recueil de données. Avec la traditionnelle haute saison du transport par conteneurs qui approche, les ports devront fonctionner rapidement s'ils veulent avoir une chance de tenir le coup. »

A.D.