Selon les données de Xeneta relevées le 21 juin, les taux à court terme sont désormais inférieurs de 2,7 % aux accords contractuels, les premiers s'établissant à 7 768 EVP par conteneur de 40 pieds et les seconds à 7 981 $ sur le marché transpacifique.

Le moment était guetté. Les courbes du spot et du contractuel se sont croisées et elles prennent des chemins opposés. Dans sa dernière note, Xeneta, dont l’indicateur compile en temps réel plusieurs sources de données dont celles des grands chargeurs, indique que les taux spot (7 768 $ par conteneurs de 40 pieds) sont désormais inférieurs de 2,7 % aux taux contractuels à long terme (7 981 $/FEU) sur le trade transpacifique. Après une hausse record de 30,1% en mai, ces derniers sont désormais 169,8% plus élevés que l'année dernière à la même époque, avec seulement deux mois de baisse au cours des 18 derniers mois. 

« L'année dernière, nous avons assisté à une forte croissance des deux séries de taux, mais à des gains vraiment spectaculaires pour les accords contractuels », rappelle Peter Sand, analyste en chef chez Xeneta. Les taux à court terme ont grimpé de 46,5 % en 2021, passant à 5 304 $/FEU, tandis que les taux à long terme se sont envolés depuis leur niveau de 3 070 $ en juin 2021. L'écart initial de plus de 2 000 $ entre les deux a atteint un sommet de 4 000 $ en septembre 2021, avant que les taux à long terme ne s'emballent et ne comblent la différence. « Les taux à long terme sont maintenant, plus ou moins, restés stables depuis avril, tandis que les taux au comptant se sont lentement éloignés de leur pic de mars. »

Revoir les contrats ?

Le marché contractuel semble gagner à son tour par la fièvre. « Les évolutions tarifaires qui auraient fait la une des journaux il y a quelques années risquent de devenir la norme, explique pour sa part Patrik Berglund, le PDG de Xeneta. Après la hausse colossale en mai, nous assistons à une nouvelle augmentation de 10 %, poussant les chargeurs à leurs limites. » La configuration actuelle du marché rend les chargeurs peu enclins aux risques, jouant les funambules à trouver le meilleur équilibre possible entre le comptant et le contractuel en fonction de leurs besoins.

La chute des taux au comptant pourrait inciter les chargeurs à revoir les astérisques et les clauses générales en petits caractères de leurs contrats

La rédaction