Une résolution pour un programme mondial de vaccination des marins proposée par Chypre a été officiellement adoptée par l'Organisation internationale du travail (OIT). Reste à identifier le nombre de vaccins requis.

Les résolutions sont des postures qui n’engagent que la volonté des organes des Nations Unies. Celle prise par l’ONU en fin d’année pour appeler les membres États membres à tout mettre en oeuvre pour permettre la relève des marins, entravés depuis le début de l’épidémie dans leur mobilité par les restrictions sanitaires, n’a donné que peu de résultats.

L’OIT appelle cette fois les gouvernements à considérer les gens de mer comme des travailleurs essentiels et à coopérer afin qu’ils puissent accéder au vaccin dès que possible. Elle reste « une affirmation claire de l’objectif d’aboutir à la vaccination des gens de mer dès que possible, ce qui constitue la seule manière d’assurer un accès sans entraves à la livraison de marchandises dans le monde, en particulier les denrées alimentaires et les médicaments ». 

C’est du reste une demande portée depuis plusieurs semaines par la plupart des organisations maritimes, des associations d’armateurs (dont Armateurs de France dès janvier) ou l’ITF, la puissance fédération internationale des ouvriers du transport. Ces organisations ont rapidement identifié la problématique comme une nouvelle entrave à la mobilité des marins dès lors que les pays imposeraient la vaccination comme une condition d’entrée sur leurs territoires. 

Vaccination, libre circulation, bonne marche des chaînes d’approvisionnement mondiales

Les appels de l’OIT – vaccination, libre circulation, bonne marche des chaînes d’approvisionnement mondiales – sont contenues dans deux résolutions adoptées lors de la tenue de la Commission tripartite spéciale de la convention du travail maritime (MLC 2006), qui a réuni en visioconférence plus d’une centaine de gouvernements, de gens de mer et d’armateurs du 19 au 23 avril 2021.

L’une d’entre elle réitère les appels lancés aux États pour qu’ils désignent les gens de mer – et les considèrent comme tels – comme des travailleurs essentiels de manière à ce qu’ils puissent opérer et transiter normalement, et « ne soient pas obligés de rester à bord d’un navire sans leur consentement au-delà de la durée spécifiée dans leur contrat d’engagement maritime – et – en aucun cas – au-delà de la durée maximale de la période d’embarquement spécifiée dans la MLC. »

Relève d'équipage : la nouvelle problématique du vaccin

Accepter tous les vaccins autorisés

La résolution sur la vaccination appelle les gouvernements à mettre des vaccins figurant dans le protocole OMS d’autorisation (OMS-EUL) à la disposition des gens de mer faisant escale dans les ports de leur territoire. Elle appelle également les gouvernements à envisager la création de centres de vaccination pour les gens de mer dans les ports.

Grande problématique, la liste des vaccins reconnus par les États. La résolution recommande d’accepter les vaccins que d’autres pays ont administrés aux gens de mer. Enfin, « en consultation des organisations d’armateurs et de gens de mer et en coordination avec l’OMS et l’OMI », elle demande à ses membres « d'envisager l’élaboration d’un programme international pour les gens de mer qui facilitera l’accès à la vaccination à terre ».

Cartographie du nombre de vaccins requis

Au nom du groupe des gens de mer à l’OIT, Mark Dickinson, vice-président de la section des gens de mer de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), estime que la réunion a également permis d'enclencher le « processus consistant à tirer des leçons, en ayant la détermination d’améliorer les choses, des erreurs commises pendant cette pandémie ».

La résolution avait été déposée par Chypre au début de l'année auprès de l'OIT et de l'Union européenne. Selon le ministre chypriote de la marine marchande, cette approche exige un exercice de cartographie afin d'identifier le nombre de vaccins nécessaires pour les gens de mer à terre.

Chypre a été l'un des premiers pays au monde à reconnaître les gens de mer comme des travailleurs clés et à introduire toutes les mesures nécessaires pour faciliter les changements d'équipage. « Grâce à ces mesures, plus de 1 200 marins ont été rapatriés par les ports et aéroports chypriotes au cours des 12 derniers mois », a fait valoir Chypre.

A.D.

Photo : ©Marine Orange

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