Maersk continue d’assembler les pièces de son dispositif d’avitaillement en méthanol. L’armateur entend développer la première chaîne d'approvisionnement mondiale pour le méthanol.

Il y a à peine quelques semaines, l’armateur danois annonçait avoir contracté avec six sociétés, fournisseurs d’énergies, – European Energy WasteFuel, CIMC ENRIC, Green Technology Bank, Orsted et Proman –, toutes susceptibles de l’avitailler en méthanol.

D’ici 2024-2025, Maersk disposera d’une petite flotte de douze porte-conteneurs de 16 000 EVP (+ un feeder), en cours de construction chez le sud-coréen HHI. Pour cela, il a besoin de sécuriser au moins 730 000 t de méthanol par an.

Cette fois, le numéro deux mondial du transport s’associe à cinq entreprises – Air Liquide, PTT Exploration and Production Public Company Limited (PTTEP), , YTL PowerSeraya, Oiltanking Asia Pacific et Kenoil Marine Services –, en vue de créer la première usine d'e-méthanol vert de ce type en Asie du Sud-Est.

Le méthanol vert serait issu de la conversion de CO2 biogéniquue (carbone contenu dans la biomasse d'origine agricole ou forestière, émis lors de sa combustion ou dégradation) capté grâce à la technologie CCS (Capture carbon stockage).

Usine pilote à Singapour

Selon les partenaires, cet accord marque une étape décisive dans la transformation du CO2 biogénique capté et de l'hydrogène vert produit à partir d'électricité renouvelable en e-méthanol vert. L'usine pilote sera installée à Singapour, premier hub mondial d’avitaillement des navires, si les études de faisabilité, qui seront réalisées d'ici à la fin de 2022, sont concluantes. Si tel est le cas, les partenaires prévoient une capacité de production minimale de 50 000 t par an.

Le méthanol fait partie des carburants alternatifs aux énergies fossiles les plus crédibles, à portée de commercialisation et susceptibles d’atteindre les objectifs de l'OMI de 2030 et 2025 en matière de réduction des émissions de carbone. Or, l’infrastructure d’avitaillement est à construire. « Singapour, qui est l'un des principaux centres de ravitaillement maritime au monde, sera l'endroit idéal pour franchir cette étape importante dans l'exploration de solutions de carburants alternatifs futurs », font valoir les partenaires du projet dans un communiqué.

En termes de développement, le méthanol disposerait d’une avance de deux ans sur l'ammoniac, autre candidat à la décarbonation sérieux, mais pas encore prêt pour une production à l’échelle.

A.D.