APL, filiale du groupe CMA CGM, qui accuse l’armateur américain de violation du droit de la concurrence américain, peut porter l’action en justice. Le juge fédéral Christopher Cooper en a décidé ainsi. Deux filiales de Matson auraient abusé de leur pouvoir de marché sur les liaisons entre les États-Unis et Guam. 

Deux filiales de Matson – Matson Navigation Co et sa filiale Matson Logistics –, sont mises en cause par APL, autre grand acteur du marché nord-américain, pour abus de marché sur les liaisons entre les États-Unis et Guam.

Dans une décision rendue en fin de semaine dernière, le juge fédéral Christopher Cooper à Washington, a refusé de rejeter les plaintes déposées par APL, qui demande des dommages-intérêts pour des violations présumées à la loi américaine sur la concurrence. La filiale de CMA CGM a désormais la possibilité de poursuivre l’armateur américain, basé à Honolulu, et tout-puissant dans le Pacifique.

Monopolistique

La législation américaine stipule que seules les compagnies établies aux États-Unis peuvent opérer des services entre deux ports américains. Mais APL a pu se positionner sur ce marché en 2015 lorsqu'elle a obtenu l'autorisation d'exploiter un navire battant pavillon américain en vertu d'une exception au Jones Act sur les liaisons entre les États-Unis et Guam.

Matson aurait usé de son pouvoir pour maintenir son monopole sur cette route, acquis après avoir racheté son concurrent Horizon Lines, notamment en accordant des rabais mais aussi en pratiquant des mesures anticommerciales jugées « prédatrices » pour que les chargeurs ne soient pas tentés de tester la concurrence. Selon APL, Matson détiendrait au moins 70 % des volumes de conteneurs avec Guam. 

« Sur les îles, où la livraison rapide et régulière est essentielle à la vie quotidienne, Matson est connue pour sa fiabilité et [American President Lines] pour son inconstance », plaident les Les avocats de Matson dans les  documents judiciaires vus par Reuters.

A.D.