Deux des plus grandes compagnies maritimes japonaises envisagent le marché du transport de CO2 liquéfié avec des navires de grande taille.

Les acteurs japonais s’intéressent au transport de CO2 liquéfié depuis un certain temps, le pays soutenant financièrement les technologies autour du captage et stockage du CO2 et/ou avec réutilisation du dioxyde de carbone (CCS et CCUS). Ce marché émergent nécessitera le transport du CO2 en raison des grandes distances entre les sources d'émission de CO2 et les zones de destination.

Pour rappel, la technologie CCS (Carbon Capture and Storage) vise à séquestrer le CO2 (actuellement capté sur des centrales de production d'électricité ou sur des sites industriels) et à le transporter pour être ensuite réinjecté dans des réservoirs géologiques hermétiques – par exemple d'anciens champs pétroliers – à des fins de stockage ultime. Dans certains cas, il peut aussi être réutilisé (CCUS), par exemple dans une centrale Power-to-X. 

MOL et K Line rejoignent Nippon Steel Itochu Corp., JCSS, l'Engineering Advancement Association of Japan, groupement retenu suite à un appel à propositions lancé par le gouvernement japonais pour un projet de R&D et de démonstration de la technologie CCUS : transporter en toute sécurité et à faible coût de grands volumes de CO2 depuis les usines et les centrales thermiques vers des zones d'utilisation et de stockage avec pour horizon 2030.

Effervescence autour du transport maritime de CO2 liquéfié

Le projet est prévu pour couvrir une période de 2021 à 2026. MOL se concentrera sur le développement d'un transporteur de CO2 liquéfié de grande taille. K Line entend mettre son expertise dans le domaine du transport de gaz liquéfié (GNL/GPL) et son expérience acquise dans le développement du premier transporteur d'hydrogène liquéfié au monde, le Suiso Frontier. La compagnie mène également une recherche distincte sur la capture du CO2 en mer. K Line prévoit de déployer une usine de démonstration à petite échelle pour le captage du CO2 à bord de l'un de ses navires, en collaboration avec Mitsubishi Shipbuilding et la société de classification ClassNK.

Plein cap sur les navires de transport de CO2

Jusqu'alors, le transport maritime de CO2 en mer était plutôt l’exclusivité de quelques transporteurs spécialisés et pour le compte d’industriels mais les développements se multiplient, témoignant d’une certaine effervescence dans ce transport de niche. La manifestation la plus évidente de cet engouement est la récente acquisition par la compagnie japonaise du spécialiste norvégien Larvik Shipping dont les navires-citernes transportent du CO2 liquéfié depuis trois décennies pour le compte d’industriels. Avec MOL à bord, les deux sociétés envisagent la conception et commande de navires de plus grande taille.

La rédaction