Le numéro deux mondial du transport maritime conteneurisé annonce une nouvelle offre intermodale entre l’Asie et l’Europe avec cinq ports asiatiques et cinq ports nord-européens desservis. Un transit-time entre Shanghai et Le Havre de trente-sept jours.

MSC lance une offre combinant des services maritimes et ferroviaires au départ de la Chine, de la Corée et du Japon vers l'Europe, via Vladivostok et Vostochny en Russie, avec des connexions depuis Saint-Pétersbourg. De là, les cargaisons peuvent être expédiées directement vers certains des principaux hubs européens tels qu'Anvers, Bremerhaven, Rotterdam et Le Havre.  

Le transit time entre Shanghai et Le Havre s’affiche à 37 jours, à 35 jours depuis Ningbo, 45 depuis Qingdao, 32 depuis Busan et 38 depuis Yokohama.

Stratégie sans carbone ?

Le même jour, la compagnie a réaffirmé sa volonté de ne pas emprunter la route maritime du Nord, y compris les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest pour des raisons environnementales. Une annonce de complaisance qui n’a pas de sens. Le conteneur n’est pas adapté à ce passage et les armateurs de la ligne régulière n’ont pas les navires conformes. Cela n’empêche pas les compagnies de s’évertuer à rappeler que par préoccupation environnementale elles renoncent à emprunter cette route aux étendues glacées (de moins en moins) qui leur offrirait un significatif raccourci.

Arctique : L'annonce de CMA CGM était-elle vraiment nécessaire ?

La posture politique de MSC est accompagnée d’un long propos sur la sensibilité environnementale de l’entreprise. « MSC ne cherchera pas à emprunter l'Arctique (...) et je considère que c'est une position que l'ensemble du secteur de la navigation doit adopter. Certains de nos pairs ont déjà pris le même engagement de faire passer la préservation de l'environnement arctique avant les profits. La route maritime du Nord n'est ni une solution rapide aux défis actuels du marché, ni une stratégie viable à long terme », commente justement (dans la dernière partie de son propos) Soren Toft, PDG de MSC. 

En matière de décarbonation, l’entreprise n’a toujours pas fait valoir ses choix alors qu’elle est en passe de devenir le leader mondial en termes de capacités offertes sur le marché tant elle est engagée dans un grand programme d'investissement pour sa flotte. Elle se contente d’indiquer qu’elle « explore activement une gamme de nouveaux carburants et de nouvelles technologies. » 

A.D.

 

 

s

Sur le même sujet