Affrété à 10 000 $/j à peine en 2020, au pic de la crise, le taux d'affrètement d'un transporteur de véhicules de 6 500 CEU pour une durée d'un an a atteint en avril le niveau record de 55 000 $/j, selon Clarksons Research Services. 

Le prix pour affréter un transporteur de voiture s’affole. En moins de deux ans, les tarifs sont passés de 10 à 55 000 $/j. L’inflation parait d’autant plus spectaculaire quand elle est contextualisée : il a fallu plus de six ans – entre 2002 et 2008 – pour assister à une telle progression lorsque les tarifs pour affréter un car-carrier sont passés de 20 000 à plus de 50 000 $/j. 

Le phénomène s’explique selon Clarksons Research Services par l'évolution de la structure des échanges et l’allongement des distances du fait du poids pris par la Chine avec 1,6 million d'unités exportées en 2021 (+ 104 % par rapport à 2020, une année certes extrêmement faible) vers l'Europe. Parmi les autres facteurs explicatifs, la part croissante des véhicules électriques et hybrides rechargeables, plus grands et plus lourds (de l’ordre de 0,8 t entre un véhicule à essence classique et une voiture hybride rechargeable par exemple). 

La capacité contrainte du fait de la congestion généralisée n’épargne pas non plus cette catégorie de navires. Près de 30 % de la capacité de la flotte de transporteurs de voitures seraient actuellement immobilisés. 

À l'instar des méthaniers et des porte-conteneurs, l'amélioration des marchés a stimulé l’appétit pour des navires neufs. Ainsi 52 navires d'environ 380 000 CEU ont été commandés depuis janvier 2021, contre seulement 20 navires pour la période 2016-2020.

La rédaction

Photo : ©Jo Exelman