Poil à gratter du transport maritime, l'ONG Transport & Environment soutient que le passage à des carburants décarbonés sera quasiment neutre pour les biens de consommation. Dans le pire des cas, les coûts de transport pourraient augmenter de 1 à 1,7 %, soit des coûts réels d'environ 9 à 14 $ par EVP.

L’étude va à contre-courant de tout ce qui est jusqu’à présent défendu à savoir que le transport par des navires propulsés avec des combustibles de soute décarbonés renchirait les prix pour le consommmateur. Selon T&E, le surcoût serait « de moins de 0,10 € pour une paire de baskets Nike » et jusqu'à 8 € pour un réfrigérateur.

« C'est un prix dérisoire à payer pour nettoyer l'une des industries les plus polluantes au monde. Alors que les compagnies maritimes font plus de profits que Facebook, Google, Amazon et Netflix réunis, il est juste de se demander si elles en font assez », accuse Faig Abbasov, en charge des transports au sein de l’ONG T&E. 

De 1 à 1,7 %

L'étude, qui se base sur l’étude des données AIS d’un porte-conteneurs de 14 000 EVP, de construction récente et naviguant entre l’Asie et l’Europe du Nord, démontre que même dans le cas le plus extrême d'un navire fonctionnant avec 100 % de carburants verts, les prix n'augmenteraient pas de manière significative. Dans ce cas, les propriétaires du fret seraient confrontées à une augmentation des coûts de transport de 1 à 1,7 %. En revanche, le prix des produits de consommation ne varierait guère. 

« Il y a dix ans, le seul espoir de décarboner le transport maritime était d'arrêter le commerce mondial ! Aujourd'hui, nous disposons de la technologie, mais ce qui manque, c'est un signal de marché pour les producteurs d'hydrogène vert (...) L'UE doit fixer un mandat ambitieux en matière de carburants verts qui garantisse un marché aux fournisseurs d'hydrogène ». C’est a priori dans les desseins verts de Bruxelles.   

La rédaction