Des millions de barils de brut, issus des réserves stratégiques des États-Unis, de la Chine, de l'Inde, du Japon ou encore de la Corée du sud, vont être déversés sur le marché.

Les États-Unis et d'autres pays, dont la Chine, vont utiliser leurs réserves stratégiques de pétrole, espèrant ainsi faire mécaniquement baisser les cours, a annoncé la Maison Blanche, confrontée à une explosion des prix à la pompe à la veille d’un week-end de fête familiale, Thanksgiving. La première puissance économique mondiale va mettre sur le marché 50 millions de barils de pétrole, selon un communiqué.

Les marchés ont à peine réagi : peu de temps après l’annonce, les cours présentaient un léger repli de 0,39 % par rapport à leur clôture de la veille pour le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine standard. En trois mois environ, entre le 19 août et le 22 novembre, il a en tout cas augmenté de 20,5 %.

Cartel de consommateurs contre producteurs

Washington, qui jusqu’à présent a tenté la pression sur les pays producteurs de l’offre les exhortant à augmenter leur offre, a indiqué qu’il n’était pas seul dans cette démarche. La capitale politique américaine a trouvé des alliés de circonstance. Pékin, News Delhi, Tokyo, Séoul ou encore Londres pourraient faire de même. Les analystes ont vu dans cette démarche une « alliance informelle de pays consommateurs » face au cartel des pays producteurs OPEP. Le président américain a aussi dans son viseur les compagnies pétrolières, engrangeant selon lui des « profits pharaoniques ». 

Dans le détail, les États-Unis devraient mettre sur le marché 32 millions de barils issus de quatre sites souterrains basés en Louisiane et au Texas via un système d'échange : ce pétrole sera rendu au gouvernement fédéral et reversé dans les réserves stratégiques au cours des années à venir. Dix-huit millions de barils seront eux vendus purement et simplement, sur une durée de plusieurs mois.

Méthode pratique en réponse à des crises

Les experts soulignent que la méthode est relativement rare et plutôt réservée en réponse à des crises, par exemple en cas d’ouragans impactant des zones de production et le stockage de pétrole ou de guerres (Golfe). Les présidents Bush, père et fils, y avaient eu recours.

En 2011, rappellent-ils, Barack Obama avait aussi libéré pour 30 millions de barils afin de suppléer aux interruptions de livraison de Libye alors qu’en 2001, juste après les attentats du 11-Septembre, le président Bush avait procédé à l’inverse en ordonnant par mesure de précaution un remplissage des cuves à ras bord.

La rédaction

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